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Présidentielle 2009. Tout est fin prêt ou presque. On a le vainqueur.
On a les lièvres. Ne manquent que les …
…vétérinaires !
J’ai une théorie sur les leaders de partis politiques que nous ne connaissons
pas ou que nous connaissions il y a fort fort longtemps et qui n’apparaissent ou
ne réapparaissent que lors des élections. Je vous parle de ça, parce que j’ai
sous les yeux une dépêche qui dit que «Omar Bouacha, président du mouvement
El-Infitah et candidat à la présidentielle, a déclaré lors d’un point de presse
qu’il fallait absolument consacrer l’alternance au pouvoir». Omar Bouacha ! S’il
se trouve quelqu’une ou quelqu’un capable de me dénicher une phrase, une
malheureuse et riquiqui petite phrase de portée politique, économique, sociale,
culturelle ou même sportive prononcée ces cinq dernières années par ce «leader»,
je l’invite vivement à me la faire parvenir. De mon côté, je me suis esquinté
les yeux à chercher ne serait-ce qu’un soupçon d’activité publique de Omar
Bouacha depuis la dernière élection présidentielle de 2004, et rien ! Walou ! Ce
qui m’amène donc à ma fameuse théorie. Je suis profondément convaincu que
quelque part, dans la vaste et généreuse république, il existe un château. Une
sorte de manoir, avec tout le toutim qui accompagne ce genre de construction.
Des tours. Des tourelles. Un pont-levis. Des douves remplies d’eau pour
interdire l’accès aux visiteurs indésirables. Un poste de garde. Des remparts
fortifiés. Une chiée de pièces. Des caves à n’en plus savoir que faire. Des
passages secrets. Des couloirs balayés par un air frais et dégoulinants
d’humidité. Et dans une aile de ce château, reposeraient dans un profond sommeil
des dizaines de chefs de parti. Allongés sur des couches moelleuses, ils
ronflent tout le temps, grognent parfois lorsqu’ils font un cauchemar, se
grattent les côtes, mais en gros, ils dorment ! Des gardiens vigilants mandatés
par les châtelains n’ont pour unique mission que de surveiller le sommeil
profond des pensionnaires. Rien ne doit perturber leur repos. Ni bruit, ni
va-et-vient. Et tous les cinq ans, lorsque les châtelains décident d’organiser
une élection, les leaders politiques sont promptement réveillés. Le matin aux
aurores, les gardiens déboulent dans leurs chambres, écartent violemment les
rideaux et donnent de la voix : «Debout làdedans ! Allez les marmottes ! Vous
avez suffisamment dormi comme ça. Au boulot maintenant !». Et c’est ainsi que
vous pouvez enfin faire connaissance avec Omar Bouacha ou le revoir si vous
étiez là, lors de sa dernière sortie du manoir. D’ailleurs, une source proche du
château m’a assuré que depuis peu, les châtelains ne se limitent plus à héberger
les seuls leaders politiques. Ils viennent d’inaugurer une aile nouvelle. Et qui
sommeille dedans, en attendant qu’on les réveille, je vous le donne en mille ?
Abderrezak El Para et Hassan Hattab. Vive la vie de château ! Je fume du thé et
je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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