mardi 20 janvier 2009
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Vive la vie de château !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

Présidentielle 2009. Tout est fin prêt ou presque. On a le vainqueur. 
On a les lièvres. Ne manquent que les …

…vétérinaires !

J’ai une théorie sur les leaders de partis politiques que nous ne connaissons pas ou que nous connaissions il y a fort fort longtemps et qui n’apparaissent ou ne réapparaissent que lors des élections. Je vous parle de ça, parce que j’ai sous les yeux une dépêche qui dit que «Omar Bouacha, président du mouvement El-Infitah et candidat à la présidentielle, a déclaré lors d’un point de presse qu’il fallait absolument consacrer l’alternance au pouvoir». Omar Bouacha ! S’il se trouve quelqu’une ou quelqu’un capable de me dénicher une phrase, une malheureuse et riquiqui petite phrase de portée politique, économique, sociale, culturelle ou même sportive prononcée ces cinq dernières années par ce «leader», je l’invite vivement à me la faire parvenir. De mon côté, je me suis esquinté les yeux à chercher ne serait-ce qu’un soupçon d’activité publique de Omar Bouacha depuis la dernière élection présidentielle de 2004, et rien ! Walou ! Ce qui m’amène donc à ma fameuse théorie. Je suis profondément convaincu que quelque part, dans la vaste et généreuse république, il existe un château. Une sorte de manoir, avec tout le toutim qui accompagne ce genre de construction. Des tours. Des tourelles. Un pont-levis. Des douves remplies d’eau pour interdire l’accès aux visiteurs indésirables. Un poste de garde. Des remparts fortifiés. Une chiée de pièces. Des caves à n’en plus savoir que faire. Des passages secrets. Des couloirs balayés par un air frais et dégoulinants d’humidité. Et dans une aile de ce château, reposeraient dans un profond sommeil des dizaines de chefs de parti. Allongés sur des couches moelleuses, ils ronflent tout le temps, grognent parfois lorsqu’ils font un cauchemar, se grattent les côtes, mais en gros, ils dorment ! Des gardiens vigilants mandatés par les châtelains n’ont pour unique mission que de surveiller le sommeil profond des pensionnaires. Rien ne doit perturber leur repos. Ni bruit, ni va-et-vient. Et tous les cinq ans, lorsque les châtelains décident d’organiser une élection, les leaders politiques sont promptement réveillés. Le matin aux aurores, les gardiens déboulent dans leurs chambres, écartent violemment les rideaux et donnent de la voix : «Debout làdedans ! Allez les marmottes ! Vous avez suffisamment dormi comme ça. Au boulot maintenant !». Et c’est ainsi que vous pouvez enfin faire connaissance avec Omar Bouacha ou le revoir si vous étiez là, lors de sa dernière sortie du manoir. D’ailleurs, une source proche du château m’a assuré que depuis peu, les châtelains ne se limitent plus à héberger les seuls leaders politiques. Ils viennent d’inaugurer une aile nouvelle. Et qui sommeille dedans, en attendant qu’on les réveille, je vous le donne en mille ? Abderrezak El Para et Hassan Hattab. Vive la vie de château ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

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