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Le Soir d'Algérie : L'Algérie est omniprésente dans vos romans. Quelle
place tient ce pays dans votre vie ?
Akli Tadjer : Dans ma vie de tous les jours, c'est un point qui
s'illumine de temps en temps. J'y pense. Je n'y pense plus. En fait, pour
moi, l'Algérie existe à travers mes parents. Géographiquement, elle n'a pas
vraiment de sens. Elle pourrait être plus grande, plus petite, cela ne
changerait rien pour moi. Très longtemps, l'Algérie a été l'identification à
mes parents. Quand on me disait «tu es algérien», je ne voyais pas une carte
de géographie, je voyais mon père et ma mère. Maintenant que mon père est
parti et que ma mère est très malade, je ne voudrais pas qu'elle s'éloigne.
Alors, la façon que j'ai de la garder encore, c'est de me la réapproprier en
écrivant sur elle avec mon regard. Je suis né à Paris en 1954. Tout le monde
croit que je suis français, mais je n'ai pas la nationalité française bien
que je n'aie rien contre la France.
Suite...
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