Culture : LE PAYS DES MONTAGNESÀ L’ABC
Cantons poétiques !


Verbier ! Un village du Valais. Nous sommes au sommet des Alpes suisses. Au cœur d’une station de sports d’hiver, des séquences s’enchaînent en rythme. Tantôt musical, tantôt poétique.
Au pays des montagnes, le temps semble stoppé. Une voix, des images et une prose dédiée à l’amour, à la terre… à la vie. Celle-là même que le nomade transporte précieusement dans son cœur. Précieuses images que le réalisateur Rabah Bouberras et son équipe ont offertes jeudi soir aux spectateurs de l’ABC. Avec Thamourth Idhourar (le pays des montagnes), l'Olivier du meilleur documentaire au Festival amazigh 2009 de Rabah Bouberras signe une autre version de la série documentaire engagée sur Verbier. Un autre regard. La Kabylie de Mouloud Feraoun est cette fois du voyage. Un voyage entrepris sur plusieurs générations de rêves, de sentiments et surtout d’exil. Les séquences de la projection auraient dû se présenter en splendeur, accompagnant harmonieusement la voix de Mouloud Belabdi reprenant le texte poétique de Mehana Amrani, cependant la qualité de celle-ci n’était pas au rendez-vous. C’est donc une projection terne et monotone que le public a pu voir. Un peu déçu mais tout de même ravi de découvrir la beauté des montagnes suisses se mêler à celle de la Kabylie. Parfaite osmose, il aurait été même possible de sentir de cet air pur et les bruissements langoureux de la nature en quête d’évolution permanente. Une évolution qui se constate d’un tournage à l’autre. «A cet endroit, une route a été déblayée. Ici des maisons ont été construites…», confiera le réalisateur au court du débat qui a suivi la projection. Rabah Bouberras s’est fait un plaisir de répondre à chaque interrogation du public. Il a raconté cette aventure peu probable ! Qui a dit que seules les montagnes ne se rencontrent pas ? Du Verbier au Djurdjura, une chaîne d’amitié s’est créée. Une rencontre poétique a eu lieu. Un documentaire de 45 minutes est né. Une œuvre intéressante et inédite. A voir ! Rabah Bouberras est né en 1950 en Algérie. Après un stage à la RTA, il intègre l'École supérieure publique du cinéma de Moscou où il obtient son diplôme de réalisateur. De retour dans son pays, il réalise, au cours des années 1970, trois courts métrages. Dès 1982, il élabore une série de téléfilms pour la télévision. Son premier film est produit par l'ENPA. Véritable toucheà- tout, il passe aisément du documentaire à la fiction, du court au long métrage, du drame à la comédie. Vague après vague, Sombréro, Le Voyageur et la route et Sahara Blues sont parmi ses films les plus connus du public algérien et des cinéphiles maghrébins. Il a aussi adapté La Fin d'un acteur d'Anton Tchékov et, pour la scène, il a monté Tchop en plus d'un spectacle de music-hall, Les Folies berbères. En 1991, il realise le long métrage Sahara Blues.
Samira Hadj Amar

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