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A Aïn-Témouchent, décès de la doyenne des Algériens à
l’âge de 112 ans. A Médéa, décès de l’homme le plus grand
du pays. Il mesurait 2,40 m. Mais que l’on se rassure, le
mec le plus narcissique d’Algérie…
… est toujours en vie
- Eh ! Oh ! Y a quelqu’un ? Répondez-moi ! Je suis le candidat déjà réélu au
prochain plébiscite présidentiel. S’il vous plaît, dites quelque chose,
faites-moi signe, j’ai peur dans le noir.
- Je suiiiiis là ! N’aie pas peur, je suis à tes côtés
- Qui se cache derrière cette voix masculine ? Il me semble la reconnaître.
- Voyons ! Mais, c’est moi, ta petite et chère Louisa.
- Ah ! Oui ! Louisa ! La seule trotskyste dans le monde qui soutient ouvertement
un régime tout aussi ouvertement capitaliste et rentier.
- Voilà ! Tu me situes enfin ! N’aie pas peur du noir mon grand. Je t’accompagne
comme promis dans ce tunnel menant à la sortie, vers les ténèbres. T’es rassuré
?
- M’ouais ! Passablement, Louisa, passablement. Toi, t’es des nôtres. T’es de la
Maison ! N’y aurait-il personne d’autre d’un peu plus… d’un peu moins abonné aux
présidentielles bidouillées ?
- Je suiiiis là ! N’aie pas peur, mon seigneur ! Je suis à tes côtés.
- Qui se cache derrière cette voix féminine ?
- M’enfin ! C’est moi, ton petit et adoré Faouzi.
- Ah ! Oui ! Faouzi ! Mais dis donc, t’as poussé et grandi depuis la dernière
fois où je t’ai vu. Et t’as même des cheveux gris maintenant. Sinon, mis à part
surgir du noir, que fais-tu d’intéressant ?
- Moi aussi, je t’accompagne dans le tunnel menant à la sortie, vers les
ténèbres. T’es rassuré ?
- M’ouais ! Passablement, Faouzi, passablement. Mais pour traverser ce tunnel,
je pensais plutôt à un profil un peu plus… un peu moins… enfin… t’as compris
quoi ! Tu comprends toujours, du reste ! N’y aurait-il personne d’autre pour
cette satanée élection qui me sort déjà par les trous du tunnel ?
- Je suiiiiiis là. N’aie pas peur, je suis à tes côtés, devant toi, derrière
toi, au-dessus de toi, en toi…
- C’est qui l’équilibriste de service qui prétend ainsi être à mes côtés, devant
moi, derrière moi et même en moi ?
- Voyons ! Mais c’est moi, ton petit ministre de l’intérieur du système.
- Ah ! Oui ! Mon petit Nounou ! Le fidèle d’entre les fidèles qui a juré que
lui, en poste et en transistors, ne prononcera jamais un autre nom que le mien
le jour des résultats.
- Voilà ! Tu me remets maintenant ! N’aie pas peur du noir. C’est moi qui le
fabrique. Comme j’ai fabriqué le tunnel, Louisa, Faouzi et tous les autres
spectres qui t’accompagnent vers les ténèbres. T’es rassuré maintenant ?
- Mmmmmm ! J’adoooore le noir ! Et j’invite tous ceux que tu as inventés et les
autres, ceux que tu vas vite devoir m’inventer dans les jours qui viennent à
cheminer avec moi dans le noir. Ceux qui s’y refuseront seront irrémédiablement
condamnés à fumer du thé et à rester éveillés en plein jour à ce cauchemar qui
continue.
H. L.
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