Culture : 15e MAGHREB DES LIVRES À PARIS
Le rendez-vous incontournable de la littérature


Les salons de la mairie du 13e arrondissement de Paris accueilleront les 7 et 8 février le 15e Maghreb des livres, considéré aujourd’hui comme la plus grande manifestation des cultures du Maghreb produites sur les deux rives de la Méditerranée.
De notre bureau à Paris KHEDIDJA BABA-AHMED
Vitrine de la production éditoriale maghrébine, cette manifestation, qui met à l’honneur, à chacune de ses éditions annuelles, un pays du Maghreb en mettant particulièrement le focus sur sa production, consacre sa 15e édition au Maroc. Les autres pays de la région n’en sont pas moins présents et comme chaque année, le rendez-vous annuel de cette année est très attendu par nos compatriotes dont beaucoup font le déplacement de toutes les régions de France et certains même de Belgique, de Suisse ou de Londres. Comme chaque année, depuis la création du Maghreb des livres en 1994 par l’association Coup de soleil avec le concours de la mairie de Paris, près de 5 000 visiteurs viendront découvrir les dernières créations littéraires – 10 000 ouvrages et 140 auteurs à cette édition — et prendront part, pour beaucoup, aux espaces de réflexion que constituent les débats, rencontres et tables rondes. L’on retiendra en particulier – à tout seigneur tout honneur – cette table ronde intitulée «Le rôle de la monarchie dans la construction de l’Etat marocain» qui se déroulera le dimanche 7 février à 14h30 ; «Les Français maghrébins dans la vie politique», autre échange qui se tiendra le même jour à 16h30 sera sans doute très animé, le thème de la représentation des minorités dans la vie politique française faisant largement débat par les temps qui courent et enfin, non moins actuel, cette interrogation : «L’Union pour la Méditerranée : quelle place pour la culture ?» A n’en pas douter, avant de répondre à cette question, les participants se focaliseront d’abord sur les intentions réelles des initiateurs de ce projet d’union qui vient, après les derniers massacres israéliens, de voir la société civile maghrébine remettre en cause son essence même et demander aux dirigeants de se retirer de cette union. Quatre hommages à 4 grandes personnalités décédées en 2007 ou 2008 seront rendus : en après-midi du 7 février, c’est le Tunisien Mohamed Charfi (très largement cité dans le dernier ouvrage de notre confrère Mohamed Benchicou) et qui, outre ses écrits sur la nécessité de réformer l’Islam, a fortement milité pour les droits de l’homme en Tunisie et écrit, dès 2001, son fameux Manifeste de la république dans lequel il mettait en garde contre la réforme constitutionnelle qui prolongerait les mandats présidentiels. Ecrit qui n’a pas eu, cela va de soi, l’écoute des dirigeants tunisiens. En fin d’après-midi du premier jour, soit samedi 7 à 19h30, c’est à l’ethnologue Germaine Tillon qu’un hommage sera rendu par la projection du film Les images oubliées, de François Gauducheau. Dans la matinée de dimanche, Charles Robert Ageron, spécialiste de l’histoire coloniale, occupera l’espace hommages à 13h. C’est enfin par l’écrivain marocain Driss Chraïbi qui s’était fait connaître dès 1954 avec l’ouvrage Le passé simple, qui a mis en relief les travers de la société traditionnelle marocaine, que cette série d’hommages prendra fin.
K. B.-A.

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