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Quel est le comble du bonheur ? C’est de voir les monstres qui
voulaient propager la peste verte se faire ratatiner par la …
…peste noire !
Sujet de réflexion profondément intéressant proposé hier lundi par mon
journal en une : «Pourquoi Bouteflika tarde à annoncer sa candidature.» Je ne
veux surtout pas passer pour l’idiot du village et rester en marge de ce genre
de débats passionnants. Et sur le fait même que Abdekka tarde à dire qu’il ira
bien à cette élection, j’ai, moi aussi, ma petite idée. J’en ai même plusieurs
que je soumets à votre appréciation. Je pense tout d’abord que Boutef’, comme
tout être humain, peut avoir des absences, et ainsi oublier de remonter sa
montre, d’en régler l’heure et la date. Je suppose dans la foulée, ample et
gymnastique, en considérant toujours que le candidat pas encore déclaré est un
être humain fait de chair et d’os, que Abdekka a lui aussi, comme nous tous, été
touché par la grippe sévère qui sévit depuis des semaines dans le pays. Cette
année, plus que les années précédentes et sûrement moins que les années à venir,
la grippe a été particulièrement méchante et handicapante. Et l’on peut donc
supputer que le président est sous la couette, terrassé par une forte fièvre,
secoué par une toux et des éternuements à faire pleurer de compassion Khalida.
Il n’attendrait alors que la guérison et la dernière larme de la belle au bois
vachement dormant pour se déclarer. Je me laisse aller à supposer (j’adooooore
cette tournure de phrase surannée !) je me laisse donc aller à supposer
également que Boutef’, à chaque fois qu’il est sur le point d’annoncer
officiellement sa candidature, en est empêché par la sonnerie du téléphone,
l’appel à la prière, le va-et-vient de ses nombreux frères (Allah ibarek !), les
appels au secours lancés des caves de la présidence par le professeur Zitouni,
les demandes d’audience jumelées formulées par Hassan Hattab et Abderezzak El
Para ou encore l’arrivée de Tayeb Louh venu en personne remettre au raïs sa
carte de sécu Chifa, valable ici en Algérie, ainsi qu’en république du
Val-de-Grâce. Autant de motifs sérieux, crédibles et qui justifient à mes yeux
ainsi qu’à ceux de mon opticienne que le président sortant n’ait pas encore eu
le temps d’annoncer qu’il allait de nouveau rentrer là où, de toutes les façons,
il n’est jamais vraiment sorti. Faut donc juste s’armer de patience, en prenant
tout de même le soin de déclarer cette arme aux autorités. Car l’heure est au
désarmement. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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