Culture : SAFY BOUTELLA, 30 ANS DE CARRIÈRE
Un parcours tout court !


Trente ans, ce n’est pas rien ! Ça se fête. Et pour le coup, Safy Boutella sort un coffret intégral de ses œuvres. hier matin, à la salle Frantz- Fanon – Oref, beaucoup de monde ont assisté à la conférence de presse organisée à l’occasion de la sortie de l’anthologie de cet artiste hors normes.
Safy Boutella, bientôt la soixantaine, une apparence sereine, un look austère, a le verbe cru. Il s’est raconté, fier d’un parcours peu ordinaire. Trente ans déjà et Safy avance puis s’arrête le temps d’une halte mais se refuse toujours à regarder en arrière. Safy, ce fils de militaire, rattrapé par son père au pied d’un avion. Il finira ses deux ans de service national avant de s’envoler, bourse en poche, vers une école américaine de musique. Vers son destin ! «J’ai eu beaucoup de chance», c’est Safy qui le dit. Aujourd’hui, il se fait un devoir de partager ses rêves avec la relève, avec ses fans. Ce qu’il voudrait par-dessus tout, c’est bâtir cette école internationale de musique en Algérie. Il l’avait déjà annoncé par le passé, mais ne peut s’abstenir de le redire encore et toujours. Comme pour tout projet en Algérie, il faut du temps, autant de volonté et beaucoup d’espoir pour y parvenir. Pour Safy, cet espoir s’étire aussi, et longuement, sur cette relève de plus de cent groupes qui s’élèverait enfin sur cette terre qu’il chérit tant. A la vie, à la mort, à l’amour et à la musique, Safy a encore beaucoup de rêves à réaliser. De la musique encore et encore dans la tête, dans les veines. Sa vaine, c’est cette notoriété immuable construite solidement au début des années 1980. Bientôt, il espère monter un nouveau groupe comme il espère composer une symphonie pour les harraga. «Pour qu’ils crèvent d’envie de rester ici», confie l’artiste. Cette envie, Safy l’a toujours eue même s’il a choisi d’aller travailler sous d’autres cieux. Même s’il a dû se construire ailleurs. Qu’importe. Pour ses trente ans, il dit offrir ce coffret de 15 CD, non pas comme une fin mais comme un magnifique cadeau pour la culture algérienne. Un objet digne et respectueux. Chacun en fera ce qu’il voudra !
Samira Hadj Amar

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