dimanche 01 fevrier 2009
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Même Djaballah, ya aâdjaba !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

La révision des listes électorales est terminée. Les autorités remercient les citoyennes et les citoyens pour leur disponibilité et s’excusent auprès des… 

… morts pour le dérangement !

Nouveau coup dur pour le club des chasseurs de lièvres. Ils en pistaient un. De près. De très près. Les rabatteurs leur avaient assuré qu’il s’agissait d’une belle pièce. Un bon gros lièvre. De ceux qui font honneur dans les banquets, entre amis amateurs de bonne chère. Le fusil en alerte, l’œil aux aguets, l’index nerveux, prêt à appuyer sur la gâchette et la moustache presque aussi frétillante que celle du lièvre, ils l’imaginaient déjà dans leur assiette, accommodé des plus fines épices, des herbes les plus fraîches et des légumes les plus gouteux. Alors qu’ils étaient encore en forêt, alors que le gibier n’avait pas encore été cerné par la meute, alors que le cor n’avait pas encore retenti, alors qu’il n’avait pas été décidé qui aurait l’honneur de le tirer et qui aurait le privilège de lui couper les deux oreilles, nos compères chasseurs humaient déjà l’air, croyant y déceler les odeurs entêtantes du fin mets enfin apprêté. Et «toutakousoudain» catastrophe ! Le lièvre s’en fut loin des narines des chasseurs, encore plus loin de leurs cuisines et fourneaux, et du fin fond de la forêt, retentit son rire sardonique. Raté ! Ils ont lamentablement loupé la capture d’Abdallah Djaballah. Ya aâdjaba ! Même Djaballah leur a dit non ! Si même Djaballah refuse le rôle du lièvre où va-t-on ainsi ? Vers quoi nous dirigeons-nous ? Heureusement que le ministère de l’Intérieur veille au grain. J’ai ainsi lu dans El Khabar que des bureaux de vote allaient être installés dans les campus universitaires. A défaut de lièvres pour crédibiliser l’élection présidentielle, les autorités ont décidé de «miner» électoralement tout le territoire. Vous imaginez la chose ? Des urnes dans les amphis ! Tant qu’à faire, je leur suggère aux copains paniqués d’en planquer ailleurs aussi des urnes. Pas seulement dans les facs. Faut placer des bureaux de vote dans les lycées, dans les CEM, dans les écoles primaires, dans les classes de préscolaire, dans les crèches, et pourquoi pas aussi dans les pouponnières. Quoi ? Parce qu’on ne peut pas voter avant la majorité, avant 18 ans ? A d’autres ! Dans ce pays, on condamne bien les enfants de 5 ans, non ? Alors, on peut aussi les faire voter ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L

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