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La révision des listes électorales est terminée. Les
autorités remercient les citoyennes et les citoyens
pour leur disponibilité et s’excusent auprès des…
… morts pour le dérangement !
Nouveau coup dur pour le club des chasseurs de lièvres. Ils en pistaient un.
De près. De très près. Les rabatteurs leur avaient assuré qu’il s’agissait d’une
belle pièce. Un bon gros lièvre. De ceux qui font honneur dans les banquets,
entre amis amateurs de bonne chère. Le fusil en alerte, l’œil aux aguets,
l’index nerveux, prêt à appuyer sur la gâchette et la moustache presque aussi
frétillante que celle du lièvre, ils l’imaginaient déjà dans leur assiette,
accommodé des plus fines épices, des herbes les plus fraîches et des légumes les
plus gouteux. Alors qu’ils étaient encore en forêt, alors que le gibier n’avait
pas encore été cerné par la meute, alors que le cor n’avait pas encore retenti,
alors qu’il n’avait pas été décidé qui aurait l’honneur de le tirer et qui
aurait le privilège de lui couper les deux oreilles, nos compères chasseurs
humaient déjà l’air, croyant y déceler les odeurs entêtantes du fin mets enfin
apprêté. Et «toutakousoudain» catastrophe ! Le lièvre s’en fut loin des narines
des chasseurs, encore plus loin de leurs cuisines et fourneaux, et du fin fond
de la forêt, retentit son rire sardonique. Raté ! Ils ont lamentablement loupé
la capture d’Abdallah Djaballah. Ya aâdjaba ! Même Djaballah leur a dit non ! Si
même Djaballah refuse le rôle du lièvre où va-t-on ainsi ? Vers quoi nous
dirigeons-nous ? Heureusement que le ministère de l’Intérieur veille au grain.
J’ai ainsi lu dans El Khabar que des bureaux de vote allaient être installés
dans les campus universitaires. A défaut de lièvres pour crédibiliser l’élection
présidentielle, les autorités ont décidé de «miner» électoralement tout le
territoire. Vous imaginez la chose ? Des urnes dans les amphis ! Tant qu’à
faire, je leur suggère aux copains paniqués d’en planquer ailleurs aussi des
urnes. Pas seulement dans les facs. Faut placer des bureaux de vote dans les
lycées, dans les CEM, dans les écoles primaires, dans les classes de
préscolaire, dans les crèches, et pourquoi pas aussi dans les pouponnières. Quoi
? Parce qu’on ne peut pas voter avant la majorité, avant 18 ans ? A d’autres !
Dans ce pays, on condamne bien les enfants de 5 ans, non ? Alors, on peut aussi
les faire voter ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L
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