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Mais quand donc Abdekka annoncera-t-il sa candidature ?
Le jour de sa…
…prestation de serment !
De la bouche du ministre de l’Intérieur et des plus hautes autorités du pays,
on a tout entendu à propos des graves et mortels affrontements de Berriane.
D’abord qu’il ne s’agit finalement que «de heurts entre bandes de jeunes». Une
formule sonnant furieusement comme sa cousine de 1988, celle du «chahut de
gamins». Ensuite, les responsables en charge théorique de la sécurité des
citoyens ont évoqué «une maffia de quartier». Ensuite, et parce que nous
commencions à nous languir de cette formule-là, le premier policier du pays a
évoqué des «forces occultes qui souffleraient sur les braises». Ça fait tout de
même beaucoup d’auteurs, de raisons et de motifs pour un seul et même drame.
Mais, soit ! Suivons sagement et poliment le raisonnement de l’intérieur. Allons
jusqu’à supposer qu’il ait raison. Je dirais même plus, donnons-lui raison et
admettons que Berriane, c’est tout à la fois des heurts entre bandes de jeunes,
des actes signés par des maffias de quartier et l’œuvre de forces occultes. On
est d’accord ? C’est tout ça, ya sidi ! Mais alors, en clair, cela veut dire que
vous êtes incapables de faire face ! Eh oui ! Le problème est identifié, mais
vous ne savez pas le gérer. Vous vous plantez magistralement depuis des années
face aux jeunes de Berriane, aux maffias locales et aux forces occultes. C’est
tout ce que je retiens. Je le retiens d’autant plus que le régime en place est
le même qui postule à un 3e mandat. Vous n’avez pas su gérer un début de
balkanisation du pays, une ébauche sérieuse de nettoyage ethnique, et malgré
cela, vous demandez à être reconduits. Je trouve cela plutôt fort de café ! Je
voudrais alors murmurer à la lisière de vos oreilles d’autistes ce fait précis.
Un fait puisé dans l’actualité immédiate. Je ne suis pas franchement fan du
gouvernement français, de ses méthodes et du style Sarko, mais je note qu’Yves
Gego, secrétaire d’Etat français à l’outremer, a annoncé hier dimanche qu’il se
rendait en Guadeloupe, qu’il allait y élire résidence permanente et ne
quitterait le territoire qu’une fois une solution durable trouvée au conflit
social qui agite l’île et qui la paralyse. Un conflit qui n’a pourtant fait
aucune victime. Ni morts ni blessés. Voilà ! Après, ce genre d’infos, on en fait
ce qu’on veut. Si on veut vraiment en faire quelque chose. Sinon, on se contente
de faire mumuse avec les «forces occultes» et autres «mains de l’étranger».
Comme d’hab’ ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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