Monde : CHINE
Le dissident Huang Qi en procès après ses critiques post-séisme


Le dissident chinois Huang Qi, arrêté après ses critiques contre les autorités à la suite du tremblement de terre au Sichuan (sud-ouest), sera jugé pour «possession illégale de secrets d'Etat», mais le procès prévu aujourd’hui a été reporté, ont indiqué hier sa femme et son avocat.
Initialement, le tribunal du district de Wuhou à Chengdu, capitale du Sichuan, avait prévu de juger le dissident aujourd’hui, mais, après intervention de sa défense, il a accepté de le reporter, a-t-on appris auprès de son avocat. «Ils ont accepté de repousser le procès après que nous soyons intervenus», a déclaré à l'AFP Mo Shaoping, dont le cabinet se trouve à Pékin, sans pouvoir dire cependant quand le procès aura finalement lieu. Me Mo avait envoyé hier à Chengdu un membre de son cabinet pour protester contre la décision du tribunal de juger mardi Huang Qi, alors que le délai de trois jours prévu par la loi pour informer la défense n'avait pas été respecté. En effet, la femme de de Huang Qi, Zeng Li, n'avait été prévenue de la date du procès par la justice qu’hier. Selon elle, son mari est poursuivi car «à l'époque du tremblement de terre, il a donné des documents aux parents qui ont perdu leurs enfants dans les écoles et accordé des interviews aux médias étrangers». Huang Qi avait été interpellé en juin à Chengdu après avoir commencé à soutenir des parents d'enfants morts en mai dans les écoles du Sichuan lors du tremblement de terre et qui demandaient des comptes au gouvernement. Quelque 7 000 établissements scolaires s'étaient effondrés lors du séisme du 12 mai, alors que les bâtiments officiels voisins restaient debout. Des parents avaient vivement dénoncé la corruption des responsables locaux, à l'origine, selon eux, de la mauvaise qualité des bâtiments. Huang Qi a été incarcéré de 2000 à 2005 pour tentative de subversion de l'Etat après la création de son site pro-démocratie qui évoquait des affaires de corruption au sein du gouvernement. Le site avait appelé aussi à la libération de tous les militants incarcérés à la suite des manifestations de Tiananmen du printemps 1989, écrasées par l'armée chinoise. Le dissident répertoriait également sur le site les personnes portées disparues en Chine, notamment les femmes et les enfants enlevés et faisant l'objet de trafics. Il a reçu le prix 2004 de la cyberliberté attribué par l'organisation Reporters sans frontières. Après sa sortie de prison, Huang Qi avait repris ses activités et ouvert le centre Tianwang.

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