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Quelle est la procédure pour demander un visa à l’ambassade
des Etats-Unis ? Il faut se munir de …
… préservatifs !
Aujourd’hui, il n’y coupera pas ! Trop, c’est trop ! Jusque-là, je m’étais
retenu, interdit de répondre à ce genre d’attaques, partant du principe éthique
que cet espace vous appartient à vous, lectrices et lecteurs, et qu’il serait
incongru que je l’utilise pour des problèmes personnels. Mais là, je n’en peux
plus ! Je craque et je contreviens donc à la règle que je m’étais imposée. Voilà
! Depuis plusieurs jours déjà, en pleine journée, parfois le soir, parfois même
en pleine nuit ou à l’aube, mon téléphone émet la sonnerie signalant l’arrivée
d’un SMS, un message court, un texto. Je ne vous dis pas la frayeur lorsque vous
êtes réveillé par le «Dring ! Dring !» de votre portable à 1 heure du matin.
Vous imaginez tout de suite le pire. Un parent malade, un malheur dans la
famille. Et le temps d’arriver à mettre la main sur votre appareil, votre cœur
s’arrête presque de battre, vos jambes flageolent, et vous en avez des sueurs
froides. Et chaque fois, la tension retombe aussitôt le message lu ! Ce n’est
que ce mec qui me harcèle depuis des jours avec ses textos. D’ailleurs, pourquoi
suis-je aussi catégorique en écrivant que c’est un mec ? Il s’agit peut-être
d’une nana. Enfin, qui que ce soit, femme ou homme, j’ai décidé dans un premier
temps de répondre par le même canal à cet empêcheur de dormir tranquille. Peine
perdue. Il n’y avait pas de numéro d’envoyeur. L’enfoiré balance des SMS en
masqué ! J’avais la rage en lisant sur mon écran la mention «échec envoi de
message». D’où ma démarche aujourd’hui, celle qui consiste à l’interpeller
publiquement, ici même, en dernière page du Soir d’Algérie. Voilà le texte de
mon texto jamais parvenu au malotru. Excusez-moi encore une fois de vous priver
de votre espace pour régler mon différend avec un harceleur : Monsieur, Madame,
qui que tu sois, Allah yarham babak, arrête de m’envoyer à toute heure des
messages dans lesquels tu me dis ceci : «Si tu es âgé de 18 ans, va tout de
suite t’inscrire sur les listes électorales de ta commune. Ne laisse pas les
autres décider pour toi, et le jour des élections présidentielles, va voter !»
D’abord, qui t’a donné mon numéro, khouya ? Ensuite, je n’ai pas 18 ans ! Et tu
n’as pas à connaître mon âge ! Est-ce que je te demande ton âge, moi ? Et en
vertu de quoi tu m’ordonnes d’aller à la mairie ? Tu la connais, toi, ma mairie,
ce petit espace mal aéré, enfumé et crade où, pour retirer un extrait de
naissance, il faut être habillé comme pour un combat de gladiateurs ? Et pis
d’abord, de quelles élections présidentielles veux-tu parler ? En Algérie, pays
stable, on ne vote pas pour élire un président. On l’acclame. A vie. A
l’Assemblée nationale. Et de préférence, le 12 du mois. Alors, de grâce, arrête
de me pourrir la vie et celle de ma batterie de mobile. Merci ! Je fume du thé
et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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