jeudi 05 fevrier 2009
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Les voix du seigneur !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

Viol de deux Algériennes par un agent de la CIA. Les autorités
algériennes restent prudentes et préfèrent observer l’affaire de
loin.

Bande de voyeurs !

— Débrouillez-vous ! Il me faut des voix ! Un max de voix !
— Mais Monsieur, nous avons cherché partout. Les
Algériens ne veulent pas entendre parler de cette élection.
— Je ne veux rien savoir ! Ces ingrats doivent aller voter
massivement. Si ce ne sont pas les vivants, alors les morts voteront !
— Nous avons aussi écumé les cimetières. Et même les
morts ont protesté. Ils en ont assez. Il faut aussi les comprendre,
Allah yarhamhoum. On ne les laisse pas tranquilles.
Ils n’ont pas pu aligner 5 ans de sommeil non-stop depuis 1962.
— Mais où sont donc les foules qui venaient à mes meetings en 2004 ?
— Les bus sont là ! Mais les gens n’acceptent plus les
rafles géantes, à la sortie de leur travail et des écoles. A la
limite, si le métro et le tramway étaient déjà opérationnels,
nous pourrions les embarquer dedans. Une virée à l’œil
dans un métro flambant neuf, ça marche toujours.
— Et les zaouïas ?
— Elles prêchent dans le désert.
— Et les tribus ?
— Elles s’affrontent !
— Et les moudjahidine ?
— Ils se posent des questions.
— Et les fils de moudjahidine ?
— Ils posent des questions à leurs parents.
— Et les enfants de chouhada ?
— Ils font des enfants.
— Je suis trahi ! Lâché de tous ! Qu’importe ! Il me restera
les députés. Eux sont fidèles. Ils l’ont prouvé le 12 novembre.
— Mais Monsieur, sauf votre respect, nous savons tous que les députés ne votent pas.
— Ah bon ! Et que font-ils alors le jour de l’élection ?
— Ils se reposent le bras !
— Et les harraga ?
— Quoi ? Les harraga ?
— Allez les trouver. Arrachez leurs voix. Sur la plage.
Juste avant qu’ils n’embarquent. Il doit bien leur rester au
moins ça aux harraga, leurs voix.
— Impossible, M’sieur ! Avant d’embarquer, les harraga
plastifient tous leurs documents, même leur carte d’électeur.
C’est pour faire face, en cas de voie d’eau et de chavirage.
— Mais alors, que me reste-t-il comme solution ?
— Vous avez le choix, M’sieur. Soit renoncer, soit vous
préparer, à votre tour, à fumer du thé pour rester éveillé au
cauchemar qui sera le vôtre au cours des cinq prochaines années !
H. L.

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