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Qu’est-ce qui a changé avec l’annonce officielle de la date de
l’élection présidentielle ? Maintenant, les lièvres savent enfin quel
jour ils se feront…
…tirer !
Je vous l’annonçais hier. Nous aborderons aujourd’hui un autre incontournable
des élections algériennes. Ou plus exactement, à l’algérienne. Il s’agit du
qualificatif «EXTRAORDINAIRE ». Avez-vous remarqué comme, à la veille de chaque
scrutin, systématiquement, avec la régularité d’une horlogerie suisse, comme un
métronome, nos dirigeants affirment que «cette fois-ci, la participation sera
exceptionnelle» ? C’est proprement déroutant. D’abord, parce que cela
sous-entend que la fois d’avant, c’était exceptionnel, mais un peu moins que
celle à venir. Mais alors, si cette fois-ci, la participation sera
exceptionnelle, que nous diront-ils pour les élections à venir ? Les
législatives, par exemple ? Essayons d’imaginer des superlatifs nécessairement
plus forts que «exceptionnelle ». Participation mirobolante ? Participation
méga-gigantesque ? Participation astronomique ? A un moment donné, forcément,
ils ne trouveront plus le mot juste pour décrire la participation, car même la
langue, pourtant riche, ne peut pas les suivre dans leur enthousiasme.
Heureusement qu’il y en a un, dans le tas, bien lové dans le tas de bonhommes et
de bonnes femmes qui nous non gouvernent, qui a finalement trouvé la solution.
Une solution qui a l’avantage de la clarté. Pour cela, rendons grâce à
Aboudjerra Soltani qui vient de déclarer tout de go : «Qu’il y ait ou non
abstention, le président sera élu !» Et «dezzou maâhoum !» serais-je tenté de
rajouter dans la foulée du ministre-exorciste. Ya bouguelb ! Voilà comme je les
aime, nos chers dirigeants ! Lorsqu’ils décident enfin de passer dans la loge
pour se démaquiller. Lorsqu’ils tombent le masque du protocole et des usages.
Lorsqu’ils redeviennent ce qu’ils sont. Des «hozzia». Des lutteurs de foire qui
ne craignent pas de faire gonflette et de rouler les mécaniques devant les
badauds que nous sommes. Des haggarine de petite banlieue. Vous savez, comme sur
ces terrains vagues, en bordure des cités-dortoirs, lorsque des enfants jouent
une partie de foot, et qu’arrivent ensuite les plus grands avec la ferme
intention de chasser les petiots. Les plus petits rouspètent un peu, demandent
des explications aux aînés. Et les grands n’ont que cette réponse à leur faire :
«Parce que !» Quand je vois Soltani, avec son foulard made in 3e mandat sur les
épaules dire «avec ou sans abstention, le président sera élu», il me fait penser
aux cadets qui virent les minimes du terrain vague. C’est… petit. Aussi petit
que le ministre de l’Intérieur qui jurait il y a quelques années que lui en
poste, il n’annoncerait d’autre vainqueur à la présidentielle que Abdekka. Mais
alors, si c’est comme ça, pourquoi faire le trottoir électoral, racoler dans les
écoles ? Faites sans, yal' f’houla ! Mais n’oubliez pas un p’tit truc. Sur les
terrains vagues, même les minimes grandissent et obligent les cadets devenus
seniors, puis vétérans à chauffer le banc. Je fume du thé et je reste éveillé,
le cauchemar continue.
H. L.
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