mardi 10 fevrier 2009
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EL HOZZIA !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

Qu’est-ce qui a changé avec l’annonce officielle de la date de l’élection présidentielle ? Maintenant, les lièvres savent enfin quel jour ils se feront… 

…tirer !

Je vous l’annonçais hier. Nous aborderons aujourd’hui un autre incontournable des élections algériennes. Ou plus exactement, à l’algérienne. Il s’agit du qualificatif «EXTRAORDINAIRE ». Avez-vous remarqué comme, à la veille de chaque scrutin, systématiquement, avec la régularité d’une horlogerie suisse, comme un métronome, nos dirigeants affirment que «cette fois-ci, la participation sera exceptionnelle» ? C’est proprement déroutant. D’abord, parce que cela sous-entend que la fois d’avant, c’était exceptionnel, mais un peu moins que celle à venir. Mais alors, si cette fois-ci, la participation sera exceptionnelle, que nous diront-ils pour les élections à venir ? Les législatives, par exemple ? Essayons d’imaginer des superlatifs nécessairement plus forts que «exceptionnelle ». Participation mirobolante ? Participation méga-gigantesque ? Participation astronomique ? A un moment donné, forcément, ils ne trouveront plus le mot juste pour décrire la participation, car même la langue, pourtant riche, ne peut pas les suivre dans leur enthousiasme. Heureusement qu’il y en a un, dans le tas, bien lové dans le tas de bonhommes et de bonnes femmes qui nous non gouvernent, qui a finalement trouvé la solution. Une solution qui a l’avantage de la clarté. Pour cela, rendons grâce à Aboudjerra Soltani qui vient de déclarer tout de go : «Qu’il y ait ou non abstention, le président sera élu !» Et «dezzou maâhoum !» serais-je tenté de rajouter dans la foulée du ministre-exorciste. Ya bouguelb ! Voilà comme je les aime, nos chers dirigeants ! Lorsqu’ils décident enfin de passer dans la loge pour se démaquiller. Lorsqu’ils tombent le masque du protocole et des usages. Lorsqu’ils redeviennent ce qu’ils sont. Des «hozzia». Des lutteurs de foire qui ne craignent pas de faire gonflette et de rouler les mécaniques devant les badauds que nous sommes. Des haggarine de petite banlieue. Vous savez, comme sur ces terrains vagues, en bordure des cités-dortoirs, lorsque des enfants jouent une partie de foot, et qu’arrivent ensuite les plus grands avec la ferme intention de chasser les petiots. Les plus petits rouspètent un peu, demandent des explications aux aînés. Et les grands n’ont que cette réponse à leur faire : «Parce que !» Quand je vois Soltani, avec son foulard made in 3e mandat sur les épaules dire «avec ou sans abstention, le président sera élu», il me fait penser aux cadets qui virent les minimes du terrain vague. C’est… petit. Aussi petit que le ministre de l’Intérieur qui jurait il y a quelques années que lui en poste, il n’annoncerait d’autre vainqueur à la présidentielle que Abdekka. Mais alors, si c’est comme ça, pourquoi faire le trottoir électoral, racoler dans les écoles ? Faites sans, yal' f’houla ! Mais n’oubliez pas un p’tit truc. Sur les terrains vagues, même les minimes grandissent et obligent les cadets devenus seniors, puis vétérans à chauffer le banc. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

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