Monde : 45e CONFÉRENCE SUR LA SÉCURITÉ DE MUNICH
Première vraie rupture de B. Obama d’avec G. Bush


Tout, ou presque, dans le discours de Joe Bilden à Munich lors de la conférence sur la sécurité indiquait une vraie rupture avec l’administration précédente.

De notre bureau de Bruxelles, Aziouz Mokhtari

Le vice-président américain a, dès l’entame de son intervention, tenu à souligner que «l’Amérique a besoin du monde, tout comme, je crois, le monde a besoin de l’Amérique». Finie donc l’arrogance de George Bush par rapport au reste de la planète. Pour bien faire passer le message, J. Bilden s’est engagé à ce que son pays s’écarte du «cavalier seul». En encourageant les alliés des Etats-Unis, notamment les Européens, à apporter leurs «idées» sur le dossier Afghan, le vice-président n’a pas, pour autant, demandé, encore moins exigé, le renforcement du dispositif actuel. Ce qui est un autre signe avant-coureur d’un changement de cap stratégique. Au monde musulman, J. Bilden a dit, clairement, «nous ne croyons pas au choc des civilisations». Concernant l’Iran même langage, même souplesse, «prêt à parler avec l’Iran», a-t-il lâché dans la capitale de la Bavière. Le président français N. Sarkozy s’étant cru, après les propos apaisants de Bilden, de surenchérir, «le lancement d’un satellite par l’Iran est une extrême mauvaise nouvelle». Par rapport aux relations avec la Russie, extrêmement tendues du temps de l’administration Bush, le ton était clément et l’appel du pied pour une nouvelle ère direct. Juste après, d’ailleurs, les Russes, fins diplomates, ont exprimé leur satisfaction et leur adhésion à la nouvelle approche obamienne exprimée avec beaucoup de courage par Joe Bilden à Munich. Est-ce le commencement de la fin d’une époque pourrie ou la fin du commencement ? L’avenir le dira. Cependant, le discours de Bavière de J. Bilden est une bonne nouvelle pour le monde.
A. M.

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