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C’est aujourd’hui qu’Abdelaziz Bouteflika va désigner son
successeur.
Bouteflika Abdelaziz
Ahmed Ouyahia, Premier ministre et membre de l’Alliance qui soutient le
candidat qui se déclare aujourd’hui, malgré les dérapages extralucides d’une
sénatrice française groggy par 3 heures d’entretien, Ouyahia, donc, a déclaré :
«Ceux qui appellent au boycott de la présidentielle veulent ternir l’image de
l’Algérie aux yeux de l’opinion internationale.» Sachant que H’mimed n’est pas
homme à employer des mots à la légère, j’ai aussitôt ouvert mon dictionnaire à
la lettre «T». Et en face du verbe «ternir», il y a cette définition : «Oter la
fraîcheur, l’éclat, la couleur. Rendre moins pur, moins honorable, salir. Ternir
sa réputation. » Et là, depuis que j’ai lu cette définition pondue par toute une
équipe de linguistes payés très cher par Monsieur Larousse, j’avoue que je suis
perplexe. Je m’attendais à ce que l’on me parlât de fraîcheur d’un peu partout,
sauf de l’intérieur cadenassé du régime, espace qui ne brille pas
particulièrement par la fraîcheur de son personnel. Rendre moins pur, moins
honorable et salir, je trouve que le même régime est un p’tit chouïa culotté
d’en accuser les autres. En clair, ya Si Ahmed, l’image de l’Algérie n’a pas
attendu les récents appels au boycott pour s’en trouver fortement ternie. Et je
reste poli. En matière de ternissement d’image de l’Algérie, les appelants au
boycott sont des élèves de maternelle devant des «Maîtres», ceux qui s’emploient
professionnellement, à temps plein et avec une abnégation assassine à ternir
cette image depuis des lustres. L’opinion internationale ne me semble pas avoir
attendu les appels au boycott pour se faire une idée très précise du degré de
fraîcheur, d’éclat et de couleur de notre image. Ce n’est tout de même pas moi
ni toutes celles et tous ceux fort nombreux qui appellent au boycott du 9 qui
gérons les dossiers du diplomate algérien retenu en otage en France (je n’ose
transcrire son nom de peur de commettre une erreur d’orthographe qui pourrait
s’avérer fatale) ni cet autre dossier du chanteur Mami, en fuite judiciaire.
Nous ne gérons pas non plus les bastonnades d’enseignants manifestant
pacifiquement pour leur dignité dans les rues de nos villes et qui se terminent
généralement dans un halo de gaz lacrymogènes, de rafles policières et de soins
aux urgences hospitalières. Tout cela pour dire, Monsieur le Premier ministre et
superviseur patenté de toute une série de scrutins «sales», dénués de fraîcheur
et pas très pur démocratiquement parlant, qu’il me semble préférable de ne pas
trop s’engager sur le terrain, par vous miné, de l’image ternie de l’Algérie. Je
fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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