jeudi 12 fevrier 2009
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EN LA MATIÈRE, VOUS ÊTES DES MAÎTRES !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

C’est aujourd’hui qu’Abdelaziz Bouteflika va désigner son successeur. 

Bouteflika Abdelaziz

Ahmed Ouyahia, Premier ministre et membre de l’Alliance qui soutient le candidat qui se déclare aujourd’hui, malgré les dérapages extralucides d’une sénatrice française groggy par 3 heures d’entretien, Ouyahia, donc, a déclaré : «Ceux qui appellent au boycott de la présidentielle veulent ternir l’image de l’Algérie aux yeux de l’opinion internationale.» Sachant que H’mimed n’est pas homme à employer des mots à la légère, j’ai aussitôt ouvert mon dictionnaire à la lettre «T». Et en face du verbe «ternir», il y a cette définition : «Oter la fraîcheur, l’éclat, la couleur. Rendre moins pur, moins honorable, salir. Ternir sa réputation. » Et là, depuis que j’ai lu cette définition pondue par toute une équipe de linguistes payés très cher par Monsieur Larousse, j’avoue que je suis perplexe. Je m’attendais à ce que l’on me parlât de fraîcheur d’un peu partout, sauf de l’intérieur cadenassé du régime, espace qui ne brille pas particulièrement par la fraîcheur de son personnel. Rendre moins pur, moins honorable et salir, je trouve que le même régime est un p’tit chouïa culotté d’en accuser les autres. En clair, ya Si Ahmed, l’image de l’Algérie n’a pas attendu les récents appels au boycott pour s’en trouver fortement ternie. Et je reste poli. En matière de ternissement d’image de l’Algérie, les appelants au boycott sont des élèves de maternelle devant des «Maîtres», ceux qui s’emploient professionnellement, à temps plein et avec une abnégation assassine à ternir cette image depuis des lustres. L’opinion internationale ne me semble pas avoir attendu les appels au boycott pour se faire une idée très précise du degré de fraîcheur, d’éclat et de couleur de notre image. Ce n’est tout de même pas moi ni toutes celles et tous ceux fort nombreux qui appellent au boycott du 9 qui gérons les dossiers du diplomate algérien retenu en otage en France (je n’ose transcrire son nom de peur de commettre une erreur d’orthographe qui pourrait s’avérer fatale) ni cet autre dossier du chanteur Mami, en fuite judiciaire. Nous ne gérons pas non plus les bastonnades d’enseignants manifestant pacifiquement pour leur dignité dans les rues de nos villes et qui se terminent généralement dans un halo de gaz lacrymogènes, de rafles policières et de soins aux urgences hospitalières. Tout cela pour dire, Monsieur le Premier ministre et superviseur patenté de toute une série de scrutins «sales», dénués de fraîcheur et pas très pur démocratiquement parlant, qu’il me semble préférable de ne pas trop s’engager sur le terrain, par vous miné, de l’image ternie de l’Algérie. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

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