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Abdekka a annoncé qu’il se présente à la présidentielle
comme candidat indépendant. C’est tout à fait vrai ! C’est un
candidat indépendant…
…de notre volonté !
Hier, je n’ai pas mis le nez dehors. Je ne voulais pas tenter le diable. Tant
que je ne saurai pas avec exactitude, tant que cela ne sera pas scientifiquement
prouvé, un vendredi 13, je ne sors pas. Et même à l’intérieur de chez moi, sans
sortir, je ne fais rien. Désolé, mais les théoriciens du vendredi 13 sont
partagés. Il y a ceux qui vous assurent qu’un vendredi 13, c’est un jour
porte-bonheur. C’est la date à ne pas manquer pour les amateurs de jeux de
hasard et autres gadgets de grattage. Face à ces scientifiques- là, il y a leurs
collègues qui estiment par contre que les vendredi 13 sont porteurs de grands
malheurs, de catastrophes irréparables et de guigne terrible. N’étant pas
scientifique, je reste très prudent. Je ne prends pas de risques. Et ma prudence
va même jusqu’à établir une sorte de périmètre de sécurité tout autour du
vendredi 13. Ainsi, j’étends ce périmètre au jeudi 12. Les scientifiques, au
jour d’aujourd’hui, n’ont pas de théorie sur le jeudi 12. Moi, si ! Pour
l’heure, je mène mes recherches en secret, dans ma cave. Je suis arrivé à des
conclusions fort troublantes autour des jeudi 12. Parfois même terriblement
inquiétantes. Mais à ce stade de mes investigations, je ne peux vous les
divulguer ni les soumettre à l’appréciation d’un comité scientifique. Je peux
juste vous dire qu’en Algérie, il faut se montrer extrêmement prudent face à un
jeudi 12. Un jeudi 12 n’est pas un jour comme les autres. Mais, phénomène encore
plus étrange, j’ai appris que d’autres citoyens, des gens comme vous et moi,
mènent en ce moment des expériences similaires à la mienne. Mais sur un autre
jour. Jusque-là, les scientifiques ont travaillé sur le vendredi 13. Moi, de mon
côté, je bosse sur le jeudi 12. Et j’ai su donc que des Algériens travaillent
d’arrache- pied sur le jeudi 9. Oui ! Oui ! Vous avez bien lu le jeudi 9. Selon
«mes collègues chercheurs», le jeudi 9, en Algérie, serait synonyme lui aussi de
grands malheurs, de catastrophes qui n’ont rien de naturel. Elles seraient
l’œuvre d’humains dont le boulot essentiel, l’occupation quasi unique, le hobby
quotidien, la tâche prioritaire inscrite sur leur agenda, c’est de nous pourrir
tous les dates de l’année, le 13, le 12, le 9…. S’agissant du samedi 14, je ne
sais pas si des Algériens travaillent déjà dessus. Ailleurs, partout dans le
monde, c’est la fête de l’amour. Ici, j’ai des doutes. Et dans le doute, je
préfère rester à la maison et fumer du thé pour rester éveillé à ce cauchemar
qui, jour après jour, continue.
H. L.
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