Culture : PALAIS DE LA CULTURE MOUFDI-ZAKARIA
L’œuvre de Hamid Grine revisitée !


Au cours de son passage au café littéraire de la bibliothèque du Palais de la culture, l’écrivain Hamid Grine a affirmé n’avoir jamais été censuré par son éditeur (Alpha éditions).

Cela en réponse à une interrogation sur la liberté de ton de l’auteur et les sujets abordés dans ses romans. C’est notamment le cas du côté pédéraste d’André Gide ( Café de Gide) ou encore les propensions à la fois libertines et pieuses de Haoues le héros de la Dernière Prière. A propos de sa participation au Salon du livre de Paris, Grine a expliqué ne pas être intéressé à plus d’un titre. «C’est frustrant pour un écrivain de ne pas être connu dans un salon où les stands d’autres auteurs ne désemplissent pas. A cela s’ajoute le fait que dans la sphère française du livre l’on accepte des auteurs algériens, que ceux qui tombent à bras raccourcis sur leur pays. Cela ne me ressemble pas. Je ne vais pas n’importe où. Je suis orgueilleux. Je peux refuser un grand salon et accepter une invitation dans un petit quartier du pays.» Hamid Grine a, par ailleurs, annoncé avoir reçu une invitation du directeur du Centre culturel algérien en France. Le conférencier a souligné que Yasmina Khadra n’est pas un ami à lui. «C’est à peine si je l’ai vu une seule fois de ma vie», a-t-il soutenu. L’invité de la dernière édition du café littéraire de la bibliothèque du Palais de la culture a, par ailleurs, échangé avec l’assistance plusieurs points de vue sur l’opportunité d’atteindre le lectorat d’outre-mer. L’écrivain a, en somme, assuré qu’un auteur peut avoir une dimension mondiale même si ses ouvrages s’adressent initialement au lectorat local. A la question de savoir pourquoi la majorité des ouvrages de Grine laissent un goût d’inachevé, l’auteur a soutenu que ses romans n’ont pas de fin. Un roman c’est comme la vie, seul Dieu a le droit de lui mettre un terme. A propos de la partie sombre de la personnalité d’André Gide ( Café de Gide), Grine a assuré que Gide était connu dans le milieu livresque pour ses orientations sexuels. Hamid Grine, qui affirme avoir lu tous les livres de Gide, assure qu’à aucun moment le prix Nobel ne fait allusion à des relations homosexuelles à Biskra. C’est peut-être pour cela que le roman consacré à Gide se termine en queue de poisson. Ceux qui l’auront terminé ne peuvent pas s’empêcher de penser à la page manquante du journal intime de ce vieux Biskri qui a eu la «chance» de côtoyer André Gide.
Nabil M.

ENTRETIEN EXPRESS
HAMID GRINE AU SOIR D’ALGÉRIE :
« La femme est un serpent qu’il est doux de fréquenter est le titre de mon prochain livre»

Propos recueillis par NABIL M.

Comment évaluez-vous votre carrière d’écrivain ?
Je ne pense pas être en mesure d’évaluer ma carrière d’écrivain. Je laisse cela à ceux qui me suivent. En termes d’exemplaires vendus, je crois être le premier. J’arrive à éditer et vendre jusqu'à 5 000 unités alors que le meilleur des écrivains en Algérie ne dépasse pas la barre des 3 000. Pour le reste, je ne peux pas m’avancer. J’essaye d’être sincère et honnête. Je n’appartiens pas à un clan ou à un lobby. Dans l’univers du livre, je n’ai pas d’amis comme je n’ai pas d’ennemis.
Votre carrière journalistique a-t-elle participé à la naissance de Grine le romancier ?
L’écriture journalistique m’a appris la synthèse. On dit que la crainte de l’adjectif est le début du style. J’ai emprunté l’écriture journalistique pour la rédaction des romans. A cette différence que le mode des romans a plus de souffle et d’imagination que le journalistique. Un romancier n’est pas forcément journaliste.
Etes-vous en train d’écrire quelque chose en ce moment ?

Je suis sur deux ouvrages. Le premier que je viens juste de terminer est un recueil de nouvelles. Il porte ce titre La femme est un serpent qu’il est doux de fréquenter. Le second est un roman auquel je n’ai pas encore attribué de titre.
Peut-on connaître les contours de ce roman ?

Il aborde la vie d’un Algérien typique.
Une sorte de Haoues , le héros de la Dernière Prière?

Pas vraiment. Le héros de ce roman est plutôt stressé, chômeur et en proie à la dépression.
Pensez-vous pouvoir un jour réécrire un ouvrage du genre Cueille le jour avant la nuit?
Cueille le jour avant la nuit est un ouvrage qui a énormément étonné. Au cours de mes ventes-dédicaces, beaucoup de personnes demandent après cet ouvrage. C’est un livre qui renferme beaucoup de philosophie. On peut dire que c’est le rendu de l’expérience de toute une vie. D’ailleurs il vient de profiter d’un 2e tirage de 5 000 exemplaires.
N. M.

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