lundi 16 fevrier 2009
Accueil | Edition du jour
 
Actualités
Périscoop
Régions
Sports
Femme magazine
Chronique du jour
Pousse avec eux
Le HIC
Edition du jour
 
Corruptions
Culture
Monde
 
 
Nos archives en HTML
 

Le dernier ou l’avant-dernier ?
Faut savoir !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

A 13 DA la pièce, l’achat d’une plaquette d’œufs devrait désormais être assimilé par la loi à du…

… blanchiment d’argent !

Réagissant au carnage provoqué par le double attentat de Tébessa, le ministre de l’intérieur du système a déclaré : «C’est l’œuvre de terroristes poussés dans leurs derniers retranchements.» Depuis le temps que j’entends parler de ces «derniers retranchements», j’ai eu envie de savoir enfin ce que ça voulait dire, les derniers retranchements. Tout naturellement donc, j’ai ouvert un dictionnaire. Pour «retranchement », le dico m’a donné cette définition : «Obstacle naturel ou artificiel organisé pour défendre une position.» Donc, si je suis le ministre très à l’intérieur du système, les tangos se seraient réfugiés derrière cet obstacle naturel organisé pour défendre leur position. Cette définition pose problème ! Parce que là, les frères barbus et armés ne se défendent pas. Ils attaquent. Hors de «leur retranchement». Bien sûr, j’entends d’ici mes confrères des rubriques sportives me rappeler que la meilleure défense, c’est l’attaque. Peut-être. Mais là aussi, cette pirouette sportive ne règle rien, non plus. Car, si aujourd’hui, après ce qui vient de se passer à Tébessa, les terroristes sont dans leurs derniers retranchements, avant, ils étaient où ? Eh ouais ! Lors d’attentats antérieurs, le même ministre avait affirmé sur un ton identiquement monocorde «c’est le signe que les terroristes sont dans leurs derniers retranchements». Y a un truc qui cloche. A Tébessa, les tangos ne pouvaient pas être dans leurs derniers retranchements. Pour la simple et bonne raison qu’ils y étaient déjà, dans ces derniers retranchements, avant Tébessa. Il aurait donc été plus logique que le ministre dise, à propos de crimes commis avant Tébessa : «Nous avons réussi à pousser les terroristes dans leurs avant-derniers retranchements.» A la réflexion, même cette formule-là ne règle rien non plus. Imaginons, Rabbi yestâar el moumnin et les autres, qu’un nouvel attentat soit perpétré dans les jours qui viennent. Donc, après ceux de Tébessa. Le ministre vachement à l’intérieur du système va-t-il encore pouvoir dire que les tangos sont poussés dans leurs derniers retranchements ? Evidemment non ! Puisqu’il ne pouvait déjà pas l’affirmer pour Tébessa ! Elémentaire ! Il est donc clair qu’on nous cache quelque chose derrière cette histoire pas très nette des derniers retranchements. Je n’en veux pour preuve que ceci : s’il s’agit bien de derniers retranchements, la république, forte de ses presque 200 milliards de dollars de réserves de change et de sa résolution ferme à en finir avec les tangos, aurait dû, ya Errab el karim, localiser depuis un bon moment ces retranchements, puisque ce sont les «derniers» pour reprendre le qualificatif du ministre. Pourtant, rien ! Le pays semble maillé de «derniers retranchements». Et les tangos vont d’un dernier retranchement à un autre dernier retranchement sans donner l’air que leur heure dernière soit arrivée. Les statisticiens devraient d’ailleurs se pencher sur ce phénomène. S’ils travaillent bien, je suis convaincu qu’ils arriveront à la seule conclusion possible : l’Algérie est le pays qui compte le plus de derniers retranchements au monde ! Je fume du thé et je reste éveillé dans mon dernier retranchement, le cauchemar continue.
H. L.

Nombre de lecture : 4796

La copie partielle ou totale des articles est autorisée avec mention explicite de l'origine
« Le Soir d'Algérie » et l'adresse du site