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Présidentielle 2009. Loth Bonatiro, sismologue et
candidat à la magistrature suprême, est craint
par tous ses adversaires qui lui reconnaissent
une qualité redoutable : son sens de la…
…réplique !
Il m’est arrivé à plusieurs reprises, ici même et dans d’autres canards, de
chambrer Rédha Malek. Je l’ai toujours fait de manière affectueuse, partant du
principe que dans une chronique d’humeur et d’humour, il fallait que mes «amis
politiques», ma propre famille de pensée soit passée à la moulinette du pastiche
et du rire. Je l’ai fait avec Rédha Malek, cet immense bonhomme. Comme je l’ai
fait aussi avec d’autres immenses bonhommes dont je me sens proche, très proche,
comme Saïd Sadi du RCD et Hachemi Chérif du MDS. C’est là, la règle du jeu.
Commencer par les siens, avant de croquer les autres. C’est donc avec ce
préalable que je peux aujourd’hui dire toute ma douleur de voir l’ANR, ce parti
républicain fondé par Monsieur Malek, sombrer dans les bras de Abdekka. Oh !
Bien sûr, les «lumières» pourront toujours glousser sur le fait qu’il ne s’agit
finalement que d’un petit parti. Peut-être ! Petit parti, mais grandes idées et
nobles idéaux. La résistance républicaine face à la menace de l’Etat islamiste.
La démocratie face à la chourocratie. La bataille pied à pied contre les hordes
intégristes afin que la peur change de camp. Pourquoi devrais-je avoir honte de
cette lutte ? Non ! Je m’en enorgueillis. Et je suis profondément choqué
aujourd’hui de voir la route tracée par Rédha Malek dévoyée, violée, dénaturée à
l’extrême. D’un parti anti-intégriste, les «successeurs» de Monsieur Malek sont
en train de faire un comité de soutien à ce qui symbolise le mieux le new deal
islamiste mondial en marche, Boutef’. Ya dine Allah, comment peut-on avoir été
de l’aventure Rédha Malek et venir en février 2009 offrir l’ANR au candidat des
islamistes ? L’ANR a ses victimes, ses martyrs assassinés par les groupes
intégristes armés. Sans y avoir jamais mis les pieds, je suis même convaincu
qu’au siège de l’Alliance nationale républicaine, les photos de ces héros de la
démocratie sont encore accrochées. Alors, pourquoi ? La réponse, elle n’est pas
au siège de l’ANR. Elle est dans ce palais d’où un jour, un homme aigri par la
haine aveugle, mais aussi et surtout guidé par un plan de marche, un projet
national-religieux, a juré de gommer tous les substrats démocratiques. Cette
démocratie qu’il n’a eu de cesse de railler. Il vient une nouvelle fois de
prouver, à travers le rapt de l’ANR, que son plan de formatage est en cours.
Plus que jamais ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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