Actualités : LA COUR ORDONNE UNE NOUVELLE INSTRUCTION
Dix ans après, l’affaire des 147 milliards détournés à l’APC de Béjaïa n’a pas encore livré tous ses secrets


Dix ans après, l’affaire des 147 milliards détournés à l’APC de Béjaïa n’a pas encore livré tous ses secrets.
Le grave scandale financier connu communément sous le nom de «l’affaire des 147 milliards» à Béjaïa, une énorme somme d’argent qui aurait été détournée à l’APC de Béjaïa durant le mandat de l’ex-DEC en 1996, n’a finalement pas été examinée jeudi dernier, comme annoncé par le tribunal criminel de Béjaïa. Le scandale financier, qui a éclaboussé de nombreux responsables au niveau des différentes administrations de la municipalité et de la wilaya de l’époque, a été retiré de la session par les autorités judiciaires du tribunal de Béjaïa qui ont ordonné une nouvelle instruction de l’affaire. Il convient de noter que l’affaire en question a connu plusieurs renvois expliqués par l’exigence de la présence, en tant que témoin, d’un ex-wali de Béjaïa ou encore par une demande introduite auprès de la cour suprême en vue de la requalification des délits, par les avocats de la défense d’autres mis en cause dans la même affaire. Pour rappel , l’affaire remonte exactement à l’été 1997, lorsqu’une lettre anonyme avait atterri le bureau du procureur général du tribunal de Béjaia faisant état «d’irrégularités flagrantes et graves» dans les passations de marchés par l’ex- DEC avec des entrepreneurs soumissionnaires «triés sur le volet». Après une enquête minutieuse menée par la section de recherche de la Gendarmerie nationale qui a duré plus de huit mois, un dossier volumineux compromettant l’ex- DEC et plusieurs autres responsables a été transmis à l’autorité judiciaire de Béjaïa, laquelle a confié l’instruction de l’affaire au juge d’instruction du tribunal d’Akbou, conformément à la loi conférant le pouvoir de l’examen d’un dossier impliquant un magistrat en dehors de la ville où ce dernier a exercé. Tenant compte de la complexité existante dans les procédures régissant le code de passation des marchés, l’enquête ordonnée par les instances judiciaires de Béjaïa révélera que l’ex-DEC «n’aurait jamais réussi à agir seul pour commettre toutes infractions sans une protection assurément pas innocente d’autres acteurs intervenant dans le domaine». Quelque 34 personnes, dont l’ex-DEC, un ex-chef de daïra de Béjaïa, un ex-chef de cabinet du wali, un ex-directeur de l’administration locale, un ex-directeur des moyens généraux et l’ex-directeur technique près de l’APC de Béjaïa, sont ainsi impliquées dans ce scandale financier sous les différentes accusations de détournement de deniers publics, de délit de validation de contrats et de révisions d’annexes contraires à la réglementation en vigueur. 28 autres accusés, qui sont pour la plupart des entrepreneurs et des chefs d’entreprise à Béjaïa, Kherrata, El Kseur, Sidi Aïch, Alger et Sidi Bel-Abbès, auront, pour leur part, à répondre des délits liés à l’obtention des marchés de l’APC de Béjaïa en utilisant les pouvoirs de l’APC et de la wilaya notamment la surfacturation, la qualité du service et les délais de réalisation.
A. Kersani

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