samedi 21 fevrier 2009
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Zaouadj el Moutaâ !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

A quand la rebaptisation d’un lycée au nom du… 

… bachagha Boualem ?

Je savais le désespoir des jeunes de mon pays immense, mais là ! Jusqu’ici, il y avait la moyenne d’âge des suicidés qui rajeunissait à une vitesse vertigineuse. Il y avait aussi le flot incessant et croissant des barques fuyant le pays avec, à leur bord, les harraga. Il y avait aussi ces murs noirs des traces de dos de jeunes adossés dessus à longueur de journée, d’ennui et de délaissement. Il y avait aussi les ravages de la drogue, dealée jusqu’à l’entrée des écoles… primaires. Et bien, aujourd’hui, ce désespoir déjà chronique de la jeunesse algérienne vient de prendre une dimension encore plus dramatique. Jugez-en : l’autre jour, lors d’un meeting préélectoral d’Abdekka dans la ville de Blida, des filles, de jeunes filles ont crié «Bouteflika zaoudjouna !» Bouteflika notre mari, notre époux. Ya sahbi ! Vous imaginez le choc des parents de ces jeunes filles lorsqu’ils ont entendu leur progéniture annoncer devant des centaines de personnes, donc de témoins, qu’elles étaient toutes mariées avec Boutef’ ? Moi qui suis aussi papa, je sais que je serai scié en deux, voire en quatre si, en regardant la télévision paisiblement, les jambes mollement allongées sur un sofa, j’entendais et voyais ma fille révéler en direct-live sur le petit écran qu’elle était, elle et plein de copines à elle, mariées au Raïs. Je me poserai des questions légitimes. Et c’est mon droit de père ! Comment ai-je fait pour ne pas avoir découvert que ma fille était mariée. Et pas à n’importe qui. Où avais-je donc la tête pour être le dernier à apprendre que j’avais Abdekka pour gendre ? Illico presto, j’aurais conduit ma fifille devant un psychologue. Parce que c’est la seule démarche à adopter dans ce cas-là. Je la conseille, d’ailleurs, vivement aux parents de toutes ces malheureuses qui ont, dans un coming out parfaitement synchro, annoncé à l’Algérie ébahie qu’elles étaient les épouses du président candidat. Mais en même temps, ne leur en voulez pas trop non plus, ne les punissez pas trop sévèrement et ne leur en gardez pas rigueur éternellement. Elles ne savent pas ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

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