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Autre avantage avec le candidat Loth Bonatero. Face à la
caméra, il ne…
… tremble jamais !
Au début, je croyais vraiment à un miracle. En une nuit, des arbres, des
arbustes, des bosquets, des massifs de fleurs et des assortiments de plantes
grasses avaient poussé dans mon hameau. Ça me semblait d’autant plus miraculeux
que le lendemain de cette soudaine poussée verte, le jardin magique avait
disparu aussi soudainement qu’il était apparu. L’explication, c’est finalement
le pépiniériste de ma petite bourgade qui me l’a fournie. Sous le couvert de
l’anonymat et de ses serres. La veille de la visite d’Abdekka dans la région,
une voiture et deux grands camions sont arrivés dans la pépinière. Un homme qui
semblait être le chef de cette expédition demanda à louer des arbres, des
massifs de fleurs et quantité d’autres plantes. Il a conclu la transaction à 200
DA l’arbre et 100 DA les plantes. Les termes du contrat étaient clairs. Le tout
devait être «planté» ou plus exactement enterré avec le bidon qui entourait les
racines, ensuite déterré et restitué comme à la livraison, 48 heures chrono en
main. Mazette ! Un instant, j’ai cru à une plaisanterie du pépiniériste. Mais
non ! Il ne plaisantait pas, le bougre. «Je ne plaisante jamais avec les
affaires !», me lança-t-il quelque peu courroucé par mon incrédulité. Et comme
pour me convaincre définitivement, il m’emmena dans l’une de ses serres pour y
constater de visu le retour des arbres loués. Ils étaient là ! Tous les arbres,
toutes les plantes que j’avais vus plantés sous mon balcon, sur l’esplanade du
village, aux abords de la mairie, tous ! Bien sagement alignés dans la serre,
les racines au chaud dans les bidons en acier rouillé. Mince alors ! Maintenant,
ils en sont à louer les arbres pour embellir les sites visités par le président
sortant-rentrant ! Jusqu’où vont-ils aller ? Quelle sera la prochaine étape ?
Peut-être les sièges de mairie, d’usines, d’écoles et d’universités démontables.
Je vois d’ici la… forêt d’ouvriers s’affairant, après le départ de l’illustre
visiteur, à démonter pièce par pièce la mairie flambant neuf, et remontant à la
place la vieille mairie décrépie. Remarquez, je l’aime bien, moi, ma vieille
mairie décrépie. Et les arbres loués, plantés juste devant m’empêchaient de la
voir et de l’admirer. Heureusement qu’ils les ont restitués au pépiniériste ! Je
fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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