Monde : La drôle de mission du président du Parlement européen à Ghaza

Lors du point de presse tenu jeudi passé à Bruxelles, le président du Parlement européen (PE) a donné l’impression de ne pas trop savoir pourquoi il se rend à Ghaza...

De notre bureau de Bruxelles, Aziouz Mokhtari

Rencontrer le Hamas ? «Non», a-t-il répondu, «cette organisation est sur une liste noire». «Si vous ne rencontrez pas Hamas qui contrôle la situation sur le terrain, pourquoi alors se rendre à Ghaza ?» lui assène un journaliste. Réponse : «Tout d’abord, je ne m’y rends pas en tant que président du Parlement européen, mais en tant que coordinateur de l’Assemblée euro-méditerranéenne. » Ce qui, du point de vue des observateurs, ne change rien à la donne. Hans Pottering reste Hans Pottering, qu’il soit président du Parlement européen ou de l’AG euro-méd A une interrogation relative à ce que serait sa réaction au cas où l’un ou l’autre des membres de la délégation venait à rencontrer des dirigeants du Hamas, H. Pottering a laissé pantois le parterre des journalistes présents à l’auditorium Anna-Politovskaïa. «Ils le peuvent, mais ça sera à titre individuel pas en tant que membres de la mission.» Relevons que trois parlementaires (Egypte, Jordanie, Maroc) de la rive sud de la Méditerranée font partie de la délégation. Tout porte à croire, évidemment, que leur présence est destinée à débloquer une situation inextricable à la veille de la tenue de la Conférence euroméditerranéenne à la mi-mars prochain à Bruxelles. Bruxelles, en effet, craint fort que l’expédition punitive israélienne contre Ghaza n’ait totalement — ou presque — tué l’Assemblée euro-méd. Les appréhensions de l’UE vont au-delà même de ça. Que deviendront la PEV (Politique européenne de voisinage) et l’UPM (Union pour la Méditerranée) si le dialogue, même tenu, n’est pas rétabli entre Israéliens et Palestiniens ? Et comment réinitier un tel dialogue si la bande de Ghaza n’y est pas représentée ? Et si elle ne l’y était pas, comment reprendre les discussions ? A ces questions, le président du Parlement européen a répondu sans grande conviction. «Un gouvernement d’union nationale palestinien, a-t-il dit, réglera sans doute le problème.» En ajoutant : «Moi, à titre personnel, je ne suis pas contre la reprise des pourparlers avec Hamas.» Avant de préciser : «Il faut que ce dernier reconnaisse l’existence d’Israël»... Et, nous voilà repartis !
A. M.

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