Régions : DISTRIBUTION D’EAU POTABLE À BOUMERDÈS
Une nette amélioration


Ressources non négligeables disponibles dans les nappes phréatiques de la région, récupération de 60 000 m3/jour de la chaîne venant de Taksebt (wilaya de Tizi-Ouzou) pour alimenter la capitale, construction d’une unité de dessalement à Cap-Djenet de 100 000 m3 /jour, récupération d’une partie d’eau du Spik.
Les pouvoirs publics ont-ils fait les choses en grand en matière d’alimentation en eau potable pour la wilaya de Boumerdès ? La région de l’ex- Rocher noir a en tout cas la chance d’être sur la voie de transit des canalisations qui alimentent la métropole d’Alger. Il semblerait que les images des citoyens qui, jerrycans en main, manifestaient devant le siège de la wilaya protestant contre la pénurie d’eau sont désormais à classer dans les souvenirs pittoresques de la wilaya de Boumerdès. L’optimisme en la matière est d’actualité. «Jusqu’à l’horizon 2030, l’alimentation en eau potable de la population de la wilaya est assurée», assure M. Loucif, directeur de l’hydraulique de cette localité. Dans cette projection, il est tenu compte, précise-t-il, de l’augmentation démographique et de l’expansion urbanistique dans la région. Pour l’heure, la dotation moyenne par individu est estimée à 161 l/jour. Est-ce seulement un effet d’annonce ? Certes, il reste bien des localités à brancher aux réseaux mais à moyen terme la situation d’ensemble ira en s’améliorant nettement. Bon nombre de villes sont d’ores et déjà sorties des crises antérieures.
Des stocks de sécurité

En présence de deux de ses plus proches collaborateurs, MM. Belmoffek et Naït-Challal, le directeur de l’hydraulique nous a longuement reçu dans son bureau pour faire le point sur la situation du territoire dont il a la charge. Au terme des explications fournies, il est vrai que la wilaya de Boumerdès est dotée de réseaux importants. Ces systèmes sont structurés autour d’unités d’acheminement ou de production d’eau potable. Ils sont conçus pour contribuer à l’alimentation de l’Algérois. Actuellement, plusieurs localités, notamment Laâziv, Bordj-Menaïel, les Issers, Si Mustapha, Thénia, Tidjelabine, Boumerdès sont connectées à la conduite venant de Taksebt (2000 m/m de diamètre). Cette première phase concerne plusieurs centaines de milliers de foyers. Ce programme compte 31 réservoirs dont la capacité varie entre 1 000 à 10 000 m3 et des stations de pompage ainsi que la pose de plusieurs kilomètres de canalisations. «Ces réservoirs seront utilisés comme stocks de sécurité en cas de nécessité. Nous pourrions en puiser entre 20 000 et 25 000 m3/jour pendant l’arrêt», dira M. Loucif, qui précisera par ailleurs que le quota revenant à la wilaya à partir de la conduite de Taksebt est de 60 000 m3. Dans la seconde étape seront touchées des agglomérations du nord-est de la wilaya, particulièrement les régions de Dellys et Baghlia ainsi que certaines autres villes autour de Khemis-El-Khechna et Boudouaou au centre et à l’ouest de la wilaya. Avec la mise en production de l’unité de Cap-Djenet, les villes du littoral entre Zemmouri et Dellys se verront augmenter le débit. A noter que la wilaya bénéficiera d’autres quotas du barrage de Koudiat Asserdoune en voie d’achèvement dans la wilaya de Bouira. Quant à l’eau des nappes phréatiques des trois plaines, notamment Sebaou à l’est, Oued Issers au centre et la Mitidja à l’ouest, elle sera en partie reversée à l’irrigation.
Réhabilitation des réseaux
Equilibrer les réseaux, ramener le taux des fuites à un seuil raisonnable, doter les abonnés de compteurs individuels, gestion efficace des réseaux et lutte contre les branchements illicites sont les objectifs que s’est fixé la direction de l’hydraulique à travers un programme de réhabilitation des infrastructures anciennes. Ce programme concernera la réhabilitation, affirme M. Loucif, de 500 km de canalisations et 31 réservoirs de refoulement. Ce sont les communes de Laâziv, les Issers, Chabet El-Ameur, Boudouaou, Corso et Boumerdès dont les études sont prêtes qui seront touchées par la première phase de ce programme qui s’échelonnera de 2009 à 2014. Par ailleurs, comme les PDAU (Plan directeur de l’aménagement et de l’urbanisme) des 32 communes sont en révision, il certain que la configuration à long terme des réseaux changera. Selon la première estimation, ce programme coûtera, pour les communes suscitées, à l’Etat 210 milliards de centimes. «Les abonnés ne payeront rien», rassure M. Loucif.
Abachi L.

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