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De l’indépendance à nos jours, les relations de l’édition française –
et singulièrement parisienne – avec les auteurs algériens se fixent dans
le registre désuet d’un effarant spectacle de montreurs de singes
savants : la littérature algérienne de langue française n’est tenue que
de satisfaire l’imparable curiosité du fameux notaire de Carpentras, une
sorte d’archétype de lecteur, né dans les limbes de la classe moyenne
française, «sudiste» par choix, un rien raciste, un rien revanchard –
notamment sur le chapitre des anciennes colonies – et dont l’appétence
littéraire ne s’éveille qu’aux prophètes du malheur algérien.
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