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Selon Zerhouni, «l’attentat de Jijel visait à créer un climat d’insécurité
à la veille des élections.»
Selon moi, lorsqu’on n’a rien à dire, on se tait !
C’est proprement miraculeux ! Je dirais même plus, c’est «mérakuleux !» Cette
histoire de hausse des salaires annoncée par Abdekka à partir de l’Oranie relève
du miracle. Je ne vois pas d’autre explication. Eh oui ! Avant, lorsque le baril
de pétrole se vendait à 120 dollars, lorsque la planète ne tremblait pas sous
les effets de la crise financière, lorsque les dollars et les euros pleuvaient
sur notre pays, produisant le jouissif tintement de la caisse enregistreuse
gavée, la moindre revendication d’une hausse de leurs salaires par les
travailleurs était considérée comme une hérésie par nos dirigeants, un acte
profondément déraisonnable, et surtout un risque majeur de déstabilisation de
nos chers équilibres macroéconomiques. J’entends encore aujourd’hui H’mimed nous
mettre en garde sévèrement contre toute tentation de faire coïncider l’embellie
financière que nous vivions alors avec une revalorisation des salaires. Et
aujourd’hui, alors que les bourses mondiales ouvrent et ferment sur la baisse,
alors que le pétrole peine à se stabiliser sous la barre des 40 dollars, alors
que Chakib Khelil, ministre privé de l’énergie, avoue du bout de ses lèvres
pincées une baisse des recettes de plus de 60% pour 2009, que nous sert le
candidat indépendant de notre volonté Boutef’ ? Que nous sort-il du chapeau du
contribuable ? Une hausse des salaires. Que s’est-il donc passé ? Et ce pauvre
équilibre macroéconomique ? Il n’est plus en danger, le petiot ? Où sont allées
se cacher les règles prudentielles ? Que sont les appels à la sagesse économique
devenus ? Impossible d’obtenir une réponse logique, sensée et cartésienne. J’ai
donc eu recours aux services de la seule cartomancienne libre en ces temps de
campagne présidentielle. Elle souffre de strabisme divergeant, mais je n’avais
pas le choix, il me fallait des réponses. Contre un joli billet rouge frappé de
la tête d’un ovin à cornes, la cartomancienne à lu dans ses cartes d’état-major
civil et m’a fait cette révélation : ne cherche pas dans les manuels d’économie
les raisons de ces augmentations de salaire. Compte plutôt les lunes. Et tu
verras. En faisant la somme des lunes qui s’abîment derrière la ligne d’horizon,
tu comprendras le secret de l’homme aux yeux aussi bleus que l’horizon. Tous les
cinq ans, en années terrestres, l’homme aux yeux bleus est condamné au sacrifice
des salaires. Un sacrifice dont il ne peut s’acquitter que durant ce cycle
quinquennal. Et pas à n’importe quelle période du quinquennat. Le sacrifice doit
se faire entre la quatrième lune finissante et la cinquième naissante. Ce qui,
en termes de calendrier terrestre, équivaut à la période située entre la fin du
mois de février et le début du mois de mars. Jamais en dehors. Ça porterait
malheur ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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