jeudi 26 fevrier 2009
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Les salaires, l’homme aux yeux bleus et la cartomancienne myope !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

Selon Zerhouni, «l’attentat de Jijel visait à créer un climat d’insécurité à la veille des élections.» 

Selon moi, lorsqu’on n’a rien à dire, on se tait !

C’est proprement miraculeux ! Je dirais même plus, c’est «mérakuleux !» Cette histoire de hausse des salaires annoncée par Abdekka à partir de l’Oranie relève du miracle. Je ne vois pas d’autre explication. Eh oui ! Avant, lorsque le baril de pétrole se vendait à 120 dollars, lorsque la planète ne tremblait pas sous les effets de la crise financière, lorsque les dollars et les euros pleuvaient sur notre pays, produisant le jouissif tintement de la caisse enregistreuse gavée, la moindre revendication d’une hausse de leurs salaires par les travailleurs était considérée comme une hérésie par nos dirigeants, un acte profondément déraisonnable, et surtout un risque majeur de déstabilisation de nos chers équilibres macroéconomiques. J’entends encore aujourd’hui H’mimed nous mettre en garde sévèrement contre toute tentation de faire coïncider l’embellie financière que nous vivions alors avec une revalorisation des salaires. Et aujourd’hui, alors que les bourses mondiales ouvrent et ferment sur la baisse, alors que le pétrole peine à se stabiliser sous la barre des 40 dollars, alors que Chakib Khelil, ministre privé de l’énergie, avoue du bout de ses lèvres pincées une baisse des recettes de plus de 60% pour 2009, que nous sert le candidat indépendant de notre volonté Boutef’ ? Que nous sort-il du chapeau du contribuable ? Une hausse des salaires. Que s’est-il donc passé ? Et ce pauvre équilibre macroéconomique ? Il n’est plus en danger, le petiot ? Où sont allées se cacher les règles prudentielles ? Que sont les appels à la sagesse économique devenus ? Impossible d’obtenir une réponse logique, sensée et cartésienne. J’ai donc eu recours aux services de la seule cartomancienne libre en ces temps de campagne présidentielle. Elle souffre de strabisme divergeant, mais je n’avais pas le choix, il me fallait des réponses. Contre un joli billet rouge frappé de la tête d’un ovin à cornes, la cartomancienne à lu dans ses cartes d’état-major civil et m’a fait cette révélation : ne cherche pas dans les manuels d’économie les raisons de ces augmentations de salaire. Compte plutôt les lunes. Et tu verras. En faisant la somme des lunes qui s’abîment derrière la ligne d’horizon, tu comprendras le secret de l’homme aux yeux aussi bleus que l’horizon. Tous les cinq ans, en années terrestres, l’homme aux yeux bleus est condamné au sacrifice des salaires. Un sacrifice dont il ne peut s’acquitter que durant ce cycle quinquennal. Et pas à n’importe quelle période du quinquennat. Le sacrifice doit se faire entre la quatrième lune finissante et la cinquième naissante. Ce qui, en termes de calendrier terrestre, équivaut à la période située entre la fin du mois de février et le début du mois de mars. Jamais en dehors. Ça porterait malheur ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

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