Actualités : FÉDÉRATION NATIONALE DES TRAVAILLEURS DE L’ÉNERGIE
Les pétroliers au bord de l’explosion


La Fédération nationale des travailleurs du pétrole, du gaz et de la chimie (FNTPGC-UGTA) traverse une crise. Mohamed Benazzouz, son secrétaire est décrié pour sa gestion en matière de défense des droits des travailleurs.
Tarek Hafid - Alger (Le Soir) - Le secrétariat de la Fédération des pétroliers est en situation de blocage depuis plus de trois mois. Selon une source proche de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), les membres du secrétariat de cette fédération auraient entamé «une procédure de retrait de confiance» à l’encontre de Mohamed Benazzouz. «Récemment, les membres du secrétariat de fédération ont introduit une procédure de retrait de confiance contre lui. Mohamed Benazzouz a été reçu hier par le secrétaire général de l’UGTA. Sidi Saïd serait intervenu personnellement pour tenter de désamorcer la crise qui secoue actuellement la Fédération des pétroliers. C’est que la situation est très délicate car elle touche un secteur hautement sensible», a souligné notre source. L’objet du conflit qui oppose les responsables du syndicat des pétroliers porte essentiellement sur la gestion de certains dossiers relevant de la défense des travailleurs du secteur de l’énergie. La principale affaire concerne le licenciement de quatorze employés relevant de la division production de la Sonatrach à Hassi Messaoud. Ces travailleurs, qui avaient participé à l’élaboration d’une plate-forme de revendications, avaient dénoncé l’action des membres de leur section syndicale. Ces derniers seront finalement licenciés en plein mois de Ramadan. Mohamed Benazzouz, qui est lui-même issu de la Sonatrach, serait intervenu, non pas pour défendre les 14 travailleurs, mais pour soutenir les membres de la section syndicale qui avaient cautionné les limogeages. L’affaire avait donné lieu à un vaste mouvement de solidarité en faveur de ces employés dans les rangs de l’énergie, certains avaient même évoqué la possibilité de recourir à une grève sur les sites de production de la compagnie pétrolière. Actuellement, ce dossier est à l’étude au niveau de la direction générale de Sonatrach. Joint hier par téléphone, Mohamed Benazzouz a nié tout en bloc. Il estime que ses détracteurs tentent «d’utiliser» cette affaire pour lui porter préjudice. «Je n’ai absolument rien à voir avec cette affaire. Au contraire, je n’ai fait que défendre les travailleurs de la manière la plus efficace. La fédération a saisi le syndicat d’entreprise pour demander pourquoi ces personnes ont été licenciées. Nous avons insisté également sur l’application de la réglementation qui prévoit des voies de recours. Mais certaines personnes agissent dans l’ombre pour utiliser cette histoire contre moi.» Pour ce qui est de la situation au sein du secrétariat de la fédération, Benazzouz s’est montré rassurant. «Il n’y a rien. Il n’y a pas de conflit. Nous activons dans une fédération qui est très importante et il est normal qu’il existe des divergences de points de vue. C’est normal. Il y a des débats qui se déroulent dans une totale transparence », a-t-il insisté.
T. H.

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