dimanche 01 mars 2009
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Qui a kidnappé mes vaches maigres ?

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

Mosquées. Lieu de recueillement… 

…des voix pour le seigneur !

C’est à n’y rien comprendre ! On aurait dit qu’un magicien, ou plutôt un sorcier, les a fait disparaître. Ça ne vous inquiète pas, vous, qu’elles ne soient plus là ? Moi, ça m’inquiète grave. Ça me préoccupe à un point tel que je n’en trouve plus le sommeil. Mais où sont donc passées les vaches maigres ? Ah ! Vous voyez ! Vous vous tapez le front en vous disant sûrement : «Mais bien sûr qu’il a raison le bougre. Où sont les vaches maigres ?» Nous sommes donc plusieurs maintenant à nous inquiéter de la disparition soudaine et mystérieuse des vaches maigres. Et pour cause, en bons citoyens qui écoutent doctement et religieusement leurs dirigeants chéris, nous nous étions préparés à les accueillir, ces vaches maigres. Abdekka, le pasteur en chef, nous avait prévenus sur un ton solennel : «Voici venir le temps des vaches maigres !» H’mimed, le pasteur adjoint, avait dit la même chose, mais autrement formulé : «Le temps des vaches grasses est terminé !» Devant autant de certitudes, chacun de nous guettait vaillamment la déferlante de vaches maigres. L’oreille aux aguets, à tenter de discerner les premiers «meuh !» de vaches maigres. D’ailleurs, tous les éleveurs et tous les vétérinaires vous le confirmeront, le «meuh !» d’une vache maigre est différent du «meuh !» de la vache grasse. Il sonne plus creux chez la vache maigre, sûrement à cause de la panse forcément moins remplie. Pourtant, armés de tous ces indicateurs, forts de toutes ces certitudes et ne pouvant douter un instant de la parole vraie de nos dirigeants, nous ne vîmes pas l’ombre d’une vache maigre. Bien au contraire, les mêmes qui annonçaient le rush des vaches maigres semblent avoir tourné casaque et ne parlent que d’ère de prospérité, de hausses de salaire, de primes en tous genres et d’avantages les uns plus dissuasifs que les autres. En un rien de temps, les vaches maigres ont été escamotées. Et prestement remplacées par des vaches grasses. C’est à se demander quel vent de furie souffle ainsi sur la grosse étable dans laquelle nous sommes entassés, pris en otage et condamnés à fumer du thé pour rester éveillés à ce cauchemar qui continue.
H. L.

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