Culture : 10e ANNIVERSAIRE DE LA DISPARITION DE RACHID NOUNI
Un vide amplement ressenti par ses fans


10 ans après sa mort, le chanteur Rachid Nouni reste encore vivant dans l’esprit de ses fans qui continuent à lui attribuer les mêmes considérations et estimes que celles de son vivant.
Cet attachement encore vivace pour cet artiste hors du commun est justifié par ses grandes qualités humaines qui ne pouvaient laisser indifférents ceux qui l’on connu. Né le 5 mai 1943 à Blida, Rachid Nouni a su faire aimer l’art qu’il chérissait par-dessus tout, le chaâbi. Alors que rien ne le destinait à la chanson chère à M’hamed El-Anka, puisque ses premières idoles furent Mohamed Abdelwahab et Abdelkader Bouras (chanteur du bédouin), il se retrouva, malgré lui, percussionniste dans l’orchestre du cheikh Mohamed Saoudi avant d’épouser la voix de la mechyakha et devenir à son tour un grand maître du chaâbi. Cependant, il rejetait le vocable de grand maître et se plaisait à se définir comme un modeste interprète d’une musique du terroir. Et tous ceux qui l’ont côtoyé ou approché sont unanimes à dire que Rachid Nouni était un personnage plein de vertus et surtout d’altruisme. Pour Mohamed Hadj Mihoub, son musicien attitré au violon depuis le début des années 1980, Rachid Nouni jouissait d’une forte personnalité, doublée d’un caractère porté sur les bons offices. «J’ai assisté, durant 17 ans, à toutes les fêtes qu’il avait animées et jamais je ne l’ai entendu prononcer des paroles contraires aux convenances. Il ne médisait sur personne et refusait de casser du sucre sur le dos des autres», nous confia Mohamed Hadj Mihoub. Le même avis est partagé par son ami Ismet Benomar qui le considère comme étant l’une des grandes figures de la chanson chaâbi. «En plus du caractère social de Rachid Nouni, j’ai remarqué en lui l’amour du savoir. Il était très cultivé et on prenait plaisir à discuter avec lui d’autant qu’il était enclin à l’humour», affirma Ismet Benomar, qui ajouta : «Son comportement exemplaire, associé à une grande piété et une modestie irréprochable faisaient de lui la coqueluche de la population blidéenne et même algéroise.» Chérif Achour, un musicien qui a été plusieurs fois aux côtés de Rachid Nouni sur scène, n’oubliera jamais, nous dira-t-il, la générosité de celui-ci. Il payait tout le temps ses musiciens alors qu’il lui arrivait d’animer gracieusement des fêtes pour des familles pauvres. Mohamed Touzout, chercheur dans le domaine du melhoun et auteur de deux livres sur la qacida chaâbi, atteste que la valeur artistique de Rachid Nouni a fait école et qu’aujourd’hui plusieurs jeunes chanteurs tentent de suivre ses traces. Il y va de même pour Abdesselam, un autre ami du défunt, qui, nous attestera-t-il, ne s’épuisait jamais à l’écouter expliquer le sens et la signification des poésies du melhoun dont il excellait dans leur exégèse. Enfin, l’un de ses élèves, en la personne de Ahmed Hadj Mihoub Sidi Moussa, se rappelle des conseils que lui prodiguait Rachid Nouni, notamment en ce qui concerne les mélodies. «Souvent il m’orientait dans le choix des airs pour les qacidate et m’exhortait à comprendre le sens de la poésie que je chantais», se remémore Ahmed Hadj Mihoub. Notons que Rachid Nouni est décédé le 2 mars 1999 à l’âge de 56 ans et enterré au cimetière des martyrs à Blida. Il a laissé pour la postérité cinq enregistrements audio réalisés dans un studio, mais aujourd’hui ses fans détiennent des centaines de cassettes et CD enregistrés dans les fêtes de mariages et autres qaâdate qu’il animait chez ses amis. Sa disparition, faut-il le souligner, a laissé un grand vide sur la scène artistique que ses admirateurs ressentent amplement.
M. Belarbi
sabrinal_lesoir@yahoo.fr

Nombre de lectures :

Format imprimable  Format imprimable

  Options

Format imprimable  Format imprimable