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Présidentielle 2009. Quelle est la différence entre les candidats
qui ont été retenus et ceux qui ont été recalés. Tous
sont des lièvres. Mais les seconds ont tout de même une
particularité intéressante. Ce sont des lièvres à qui on a
posé un …
… lapin !
Vu que je n’aurai plus l’occasion de l’évoquer avant longtemps, au moins cinq
ans, j’ai décidé de découvrir où allait Ali Zeghdoud, lièvre éconduit dans la
candidature à la candidature présidentielle. Lorsque Ali Zeghdoud a appris que
cette fois-ci, comme les autres fois auparavant et comme les autres fois à
venir, il n’avait pas été sélectionné dans l’équipe nationale des lièvres
rentrants, il a éteint son portable, débranché son talkie-walkie, enlevé son
oreillette, tourné le bouton de son biper, replié l’antenne de son récepteur
satellite greffée sur le lobe extérieur de son sinus nasal et il est rentré chez
lui. Une fois à la maison, il a refermé la porte derrière lui à double tour, mis
un sparadrap noir sur l’œil de bœuf, abaissé sur «off» la commande du
disjoncteur de la Sonelgaz, retiré la fiche du téléphone fixe et a rangé dans un
coffre pas très fort tous ses mobiles, les bons comme les moins bons, les
avouables comme les franchement pas avouables. Ensuite, méthodiquement, avec des
gestes lents, il a enlevé son costume, retiré ses micros scotchés sur la
poitrine – non sans pousser un petit cri de douleur, à cause des poils – poussé
ses mocassins fatigués sous le lit. Et il s’est allongé. Sur le même lit, bien
sûr. D’un geste tout aussi lent, Ali Zeghdoud a tendu son bras vers la table de
nuit, y prit son réveil de fabrication artisanale, en régla la minuterie sur
avril 2014, puis reposa doucement l’engin à portée d’ouïe. A partir de ce
moment, et pas d’un autre, Ali, Ali Zeghdoud ne va plus bouger. Non seulement il
ne va plus bouger, mais plus phénoménal encore, Ali, Ali Zeghdoud va dormir. Une
sieste de cinq ans. Il pourra se passer les pires choses du monde dehors. Et les
meilleures aussi. Alilou ne se réveillera pas. Je vous propose donc de respecter
son sommeil, de nous retirer doucement de son terrier, et de le retrouver dans…
cinq ans. Si Dieu nous prête vie. Car, si lui sera bien là, nous c’est moins sûr
! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
P. S. : Désolé de vous avoir fait faux bond hier mercredi. Un gros
lièvre bloquait la porte de mon bureau. Il faudra à l’avenir que je pense à
poser des pièges à lièvres.
Le fumeur de thé
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