Culture : PORTRAIT D’ARTISTES
Lala Badi Lala, la star du tindi !


Sa notoriété dépasse les frontières du désert. Lala Badi Lala est née en 1937 à In Guezzam. Sa force, elle la puise dans les rythmes du tindi. La voix de cette poétesse hors du commun a porté bien plus loin que les Ajjers (Tassili) et les Ifhogas (Adrar).
Personnalité redoutable au caractère bien trempé, Lala Badi Lala a mené sa petite troupe des rives du lac Leman à la Seine parisienne. Plus loin que la Méditerranée, elle a fait connaître le tindi au monde entier, de l'Espagne au Japon, en passant par la Belgique. Des tournées nationales et internationales, Badi Lala en veut encore. Elle espère enseigner cet art, puisé des entrailles de l'immensité du Sahara, aux jeunes filles de sa famille et à tous ceux qui se présenteront à l'association Issekta dont elle est membre active. Le tindi, cet instrument de musique fabriqué à base d’un mortier de bois, couvert d’une peau de chèvre bien tannée et sur lequel deux femmes tapent avec les mains tout en chantant, aidées par une chorale composée de femmes assises en cercle tout autour, est exclusivement féminin. Les hommes, quant à eux, restent à l’écart et gouttent aux merveilleuses voix de femmes qui accompagnent le tindi. Histoire que ce patrimoine ne soit pas livré aux oubliettes, nous l'avons rencontré à l'occasion du festival dédié à la réhabilitation du tindi qui a eu lieu du 25 au 27 février dernier à la Maison de la culture de Tamanrasset. «Je fais partie de l'association des arts traditionnels et du tindi Issekta. J'ai commencé à chanter dès l'âge de 14 ans. C'est ma mère qui ma appris à fredonner mes premières notes», confie Lala. Plongée dans ses souvenirs, elle se rappelle ses premières scènes : «C’était face aux chèvres que j'emmenais dans le désert. Un peu plus grande, ce sont d’autres perspectives qui se sont offertes à moi et c’est avec beaucoup d’honneur et d’émoi que j'ai chanté, la première fois, pour le président défunt Houari Boumediene. Quelque temps plus tard, j'accueillis Ahmed Ben Bella et Mohamed Boudiaf. J'ai chanté, aussi, pour le retour de Aït Ahmed à Tizi Ouzou», se rappelle Lala Badi. Elle continue de mener sa petite troupe où la musique traditionnelle occupe une grande place. Pour la relève, Lala Badi compte sur les filles de son groupe : sa fille, ses nièces et d’autres femmes de sa famille. «Je leur apprends à jouer du tindi, de la guitare tout en les formant au chant traditionnel… », nous dira Lala. Ses poèmes sont retranscrits par les jeunes de sa famille en arabe, en français et même en targui. Des paroles inspirées du quotidien. De la poésie composée et dédiée exclusivement à la vie.
Samira Hadj Amar
sabrinal_lesoir@yahoo.fr

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