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Les bourses universitaires ont été gonflées de 50%. Première
réaction des étudiants : «Ce n’est pas assez !»
Attention, plus, elles vont exploser !
Ainsi donc, il l’a dit. Il a osé le dire ! Le ministre du culte a déclaré que
«le vote était une obligation religieuse». C’est une grande première ! Et je
suis étonné que les théologiens et autres grands muftis, habituellement rapides
à réagir ne l’aient pas encore fait à cette annonce de Ghoulamallah. Des siècles
après l’arrivée sur terre du message divin, un ministre algérien, bien de chez
nous, vient de découvrir dans les écrits sacrés un alinéa que personne d’autre
avant lui, ni ici, ni dans le vaste pays d’islam, n’avait vu. Un alinéa qui dit
que le vote est obligatoire. Il faut absolument saluer cette performance comme
il se doit. Car c’est un gars «dialna» estampillé «made in Algeria» qui a fait
cette énorme découverte. Avouez tout de même qu’il y a vraiment motif à fierté !
Bon, il est vrai que pour l’heure, vu l’effet énorme de surprise qu’a provoqué
cette annonce, le cher ministre en a oublié de nous dire l’essentiel : où il est
écrit que le vote est une obligation religieuse ? Mais, on ne va tout de même
pas chicaner, bouder notre plaisir et couper les poils de barbes en quatre. S’il
l’a dit, c’est que c’est sûrement vrai. Sinon, il ne serait pas ministre du
culte, n’est-ce pas ? Quoiqu’à la réflexion, et même si je ne suis pas le plus
indiqué pour retracer l’épopée des ministres des Affaires religieuses dans le
pays, j’ai souvenance d’un ancien artisan bijoutier qui avait été installé au
poste, avant de se voir ensuite confier le portefeuille de la formation
professionnelle. J’ai aussi souvenir d’un «aâkakr», un préparateur de décoctions
en tous genres qui avait été lui aussi propulsé ministre et qui, à chaque fois
qu’il ouvrait la bouche, n’en sortait qu’une seule question : «Pourquoi le GIA
tue-t-il les policiers ? Ils ne sont tout de même pas communistes !» Et j’ai
aussi et encore souvenir de cet actuel ministre qui, avant de mettre la main sur
son maroquin, prétendait guérir du démon en faisant du «tikherbichine» au-dessus
d’un «kanoun», d’un brasero. Eh bien, voyez-vous, rien qu’à l’évocation de tous
ces profils de grands chercheurs en religion, le 9 avril prochain, je sens déjà
que je vais commettre un gros blasphème, un acte contraire à la religion en
n’allant pas voter. J’implore Dieu le Tout-Puissant qu’Il me pardonne de cette
infamie. Et je fume du thé pour rester éveillé à ce cauchemar qui continue.
H. L.
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