samedi 07 mars 2009
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Le 9, je boycotte, que Dieu me pardonne !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

Les bourses universitaires ont été gonflées de 50%. Première réaction des étudiants : «Ce n’est pas assez !» 

Attention, plus, elles vont exploser !

Ainsi donc, il l’a dit. Il a osé le dire ! Le ministre du culte a déclaré que «le vote était une obligation religieuse». C’est une grande première ! Et je suis étonné que les théologiens et autres grands muftis, habituellement rapides à réagir ne l’aient pas encore fait à cette annonce de Ghoulamallah. Des siècles après l’arrivée sur terre du message divin, un ministre algérien, bien de chez nous, vient de découvrir dans les écrits sacrés un alinéa que personne d’autre avant lui, ni ici, ni dans le vaste pays d’islam, n’avait vu. Un alinéa qui dit que le vote est obligatoire. Il faut absolument saluer cette performance comme il se doit. Car c’est un gars «dialna» estampillé «made in Algeria» qui a fait cette énorme découverte. Avouez tout de même qu’il y a vraiment motif à fierté ! Bon, il est vrai que pour l’heure, vu l’effet énorme de surprise qu’a provoqué cette annonce, le cher ministre en a oublié de nous dire l’essentiel : où il est écrit que le vote est une obligation religieuse ? Mais, on ne va tout de même pas chicaner, bouder notre plaisir et couper les poils de barbes en quatre. S’il l’a dit, c’est que c’est sûrement vrai. Sinon, il ne serait pas ministre du culte, n’est-ce pas ? Quoiqu’à la réflexion, et même si je ne suis pas le plus indiqué pour retracer l’épopée des ministres des Affaires religieuses dans le pays, j’ai souvenance d’un ancien artisan bijoutier qui avait été installé au poste, avant de se voir ensuite confier le portefeuille de la formation professionnelle. J’ai aussi souvenir d’un «aâkakr», un préparateur de décoctions en tous genres qui avait été lui aussi propulsé ministre et qui, à chaque fois qu’il ouvrait la bouche, n’en sortait qu’une seule question : «Pourquoi le GIA tue-t-il les policiers ? Ils ne sont tout de même pas communistes !» Et j’ai aussi et encore souvenir de cet actuel ministre qui, avant de mettre la main sur son maroquin, prétendait guérir du démon en faisant du «tikherbichine» au-dessus d’un «kanoun», d’un brasero. Eh bien, voyez-vous, rien qu’à l’évocation de tous ces profils de grands chercheurs en religion, le 9 avril prochain, je sens déjà que je vais commettre un gros blasphème, un acte contraire à la religion en n’allant pas voter. J’implore Dieu le Tout-Puissant qu’Il me pardonne de cette infamie. Et je fume du thé pour rester éveillé à ce cauchemar qui continue.
H. L.

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