Régions : À L’APPROCHE DE LA CAMPAGNE ÉLECTORALE
Le RCD réoccupe le terrain


A l’approche de la campagne électorale et dans une conjoncture politique difficile marquée par le recul des libertés dans un pays à la croisée des chemins, le RCD réoccupe le terrain laissé vacant par les démocrates.
Après Sidi-Bel-Abbès, Oran, Tlemcen, Mostaganem, Batna, Biskra, Ghardaïa, Bouira et Tizi-Ouzou la semaine dernière, les secrétaires nationaux et les députés du parti de Saïd Sadi ont animé des conférences-débats ce jeudi à Jijel et Oum-El-Bouaghi avec la société civile où ils sont revenus sur la décision du boycott de l’élection présidentielle et le gel des activités officielles du parti jusqu’à l’après-élection, ainsi que sur la possibilité de repenser une stratégie et une mobilisation citoyenne face à l’épreuve du 9 avril. Beaucoup de jeunes, d’étudiants et étudiantes ont répondu à l’invitation, selon le député Arezki Aïder, qui a co-animé la conférence de Jijel avec Groucene Abdelkader, secrétaire national à l’économie alors que le Dr Khendek, député, et Hosna Abdelhamid, secrétaire national, ont quant à eux animé la rencontre de Oum-El- Bouaghi. Jeudi après-midi à Azazga environ 600 personnes, des élus, des militants, des sympathisants et des animateurs du mouvement associatif de quatre daïras et de seize communes de l’est de la wilaya de Tizi-Ouzou ont été au rendez-vous de la rencontre animée par des membres de la direction nationale du RCD Maître Sadat Fetta, secrétaire national aux droits de l’homme, Derguini Boubekeur, président du groupe parlementaire RCD à l’Assemblée nationale, et Hacene Mezoued, président du BR d’Alger. Parmi l’assistance, figuraient également cinq députés, un sénateur, le président de l’APW et le président du BR de Tizi-Ouzou qui a ouvert la séance. Le ton sera donné par Me Sadat Fetta qui a assimilé le 9 avril à «une catastrophe jamais vécue dans le monde», fustigeant la révision constitutionnelle qualifiée de trahison du peuple algérien, et concoctée dans l’opacité pour permettre à Bouteflika une présidence à vie, et décortiquant un à un tous les subterfuges du pouvoir pour faire avaler la couleuvre au peuple, soulevant des similitudes entre la publication du rapport du département américain sur les droits de l’homme en Algérie avec le rapport du parti et assénant sentencieusement qu’en Algérie 5% d’Algériens ont accaparé 50% des richesses nationales. Le président du groupe parlementaire RCD à l’Assemblée nationale est quant à lui arrivé à la conclusion que la crise algérienne est causée par la triptyque du changement et détournement des symboles de la Révolution, la transformation des échecs en succès et la fraude qui caractérise l’action du pouvoir. Une situation induisant, selon lui, un déficit dans tous les secteurs à l’exemple du tourisme où seuls 500 touristes étrangers ont été recensés dans notre pays contre 8 millions au Maroc et 7 millions en Tunisie. Derguini, qui est revenu sur les raisons du gel des activités, qualifiant la décision de nouveauté, a aussi rappelé l’exigence de l’action de surveillance nationale des élections qui ne peut, selon lui, se faire avec l’Union africaine ou arabe mais avec l’Union européenne qui a arrêté des standards de surveillance sur trois critères dont une présence anticipée au pays au moins trois mois à l’avance pour vérifier le fichier électoral, les finances et l’accès aux médias publics et privés. Au Venezuela, note l’orateur, l’opposition a le droit d’inviter des observateurs internationaux. Sur ce sujet, des P/APC ont signalé des inscriptions sur le fichier électoral de membres de corps constitués impossibles à vérifier, et ce, «pour relever le taux de participation en Kabylie» comme à Fréha où il est fait état de 1 900 nouvelles inscriptions entre gendarmes et militaires et à Azazga. Le président du BR d’Alger a déclaré pour sa part que le 9 avril consacrera Bouteflika président à vie. Il reviendra sur la main tendue de Sadi au FFS indiquant que l’espoir est permis et «qu’ensemble on peut faire quelque chose». La présence du P/APC FFS de Timizart constitue-t-elle un prélude à cette union derrière laquelle court le RCD ? Ce dernier affirmera que la situation est à l’urgence, qu’elle interpelle tout le monde et qu’elle transcende toutes les régions, clamant que le pays est présentement spolié de sa souveraineté et que le régime a avoué son échec lors de la rencontre régionale des maires. Le P/APW de Tizi-Ouzou, Mohand Ikhervane, n’a pas manqué quant à lui de faire le lien avec ses fonctions : «A l’APW, on marchera dans le respect des lois mais on ne se laissera pas faire.» Les invités ont par la suite été libérés, après une collation, pour permettre aux élus et militants RCD de débattre en privé de la situation.
S. H.

Nombre de lectures :

Format imprimable  Format imprimable

  Options

Format imprimable  Format imprimable