mardi 10 mars 2009
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Mais où est donc passé le Monsieur à la gomme ?

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

Bientôt des femmes policières pour mater les émeutes. 

J’adoooore la répression !

C’est vraiment pas gentil ! Nous habituer plusieurs jours de suite à un usage intensif de la gomme et de l’effacement, puis... pfuit ! Disparue la gomme et l’effaceur avec. On me murmure à l’oreille que le Monsieur aurait décidé de marquer une pause. A-t-on idée de marquer une pause lorsqu’on a entamé un travail aussi exaltant ? C’est impensable. C’est terriblement frustrant pour tous ceux qui faisaient patiemment la queue pour se faire effacer à leur tour leurs dettes. Faut-il vous rappeler, Monsieur, que toutes les Algériennes et tous les Algériens n’exercent pas le métier de paysan ? Hors champ, nous étions des millions de «tamaâin» à attendre. Vous ne pouvez pas nous laisser ainsi, en manque, comme des junkys en mal de dose. Vous pourrez toujours marquer des pauses après. Après les élections. Vous aurez cinq longues années pour vous reposer. Vous le savez parfaitement, puisque c’est ce que vous faites depuis dix ans. Ce que vous faites de mieux, au demeurant ! Ça, il faut vous rendre justice en vous le reconnaissant. Vos pauses sont les meilleures de la planète. A mes yeux, vous êtes le numéro un de la pause ici-bas. Mais là, maintenant, entre deux mandats à glander, bossez... j’veux dire effacez ! Dieu vous a donné ce pouvoir d’effacer, il faut vous en servir. Dieu ou une autre divinité. Je ne veux pas entrer dans ce débat-là, sur «qui vous confère le droit d’effacer ?» Ou encore «qui est assez puissant pour vous doter du don quasi divin de l’effacement ?». Non ! C’est trop ésotérique à mont goût. Et un petit chouïa dangereux pour mes abattis. Disons, pour faire court, que Dieu vous a conféré ce superpouvoir, usez-en, de grâce. De toutes les façons, toutes les maigrelettes voix qui se sont élevées pour vous signifier que ce n’était pas ainsi que les affaires de l’Etat se géraient se sont épuisées, et tues. Ne restent que nous. Et nous, Monsieur, notre avenir est coincé entre un rêve d’effacement et ce thé que nous fumons pour rester éveillés au cauchemar qui continue.
H. L.

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