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Bientôt des femmes policières pour mater les émeutes.
J’adoooore la répression !
C’est vraiment pas gentil ! Nous habituer plusieurs jours de suite à un usage
intensif de la gomme et de l’effacement, puis... pfuit ! Disparue la gomme et
l’effaceur avec. On me murmure à l’oreille que le Monsieur aurait décidé de
marquer une pause. A-t-on idée de marquer une pause lorsqu’on a entamé un
travail aussi exaltant ? C’est impensable. C’est terriblement frustrant pour
tous ceux qui faisaient patiemment la queue pour se faire effacer à leur tour
leurs dettes. Faut-il vous rappeler, Monsieur, que toutes les Algériennes et
tous les Algériens n’exercent pas le métier de paysan ? Hors champ, nous étions
des millions de «tamaâin» à attendre. Vous ne pouvez pas nous laisser ainsi, en
manque, comme des junkys en mal de dose. Vous pourrez toujours marquer des
pauses après. Après les élections. Vous aurez cinq longues années pour vous
reposer. Vous le savez parfaitement, puisque c’est ce que vous faites depuis dix
ans. Ce que vous faites de mieux, au demeurant ! Ça, il faut vous rendre justice
en vous le reconnaissant. Vos pauses sont les meilleures de la planète. A mes
yeux, vous êtes le numéro un de la pause ici-bas. Mais là, maintenant, entre
deux mandats à glander, bossez... j’veux dire effacez ! Dieu vous a donné ce
pouvoir d’effacer, il faut vous en servir. Dieu ou une autre divinité. Je ne
veux pas entrer dans ce débat-là, sur «qui vous confère le droit d’effacer ?» Ou
encore «qui est assez puissant pour vous doter du don quasi divin de
l’effacement ?». Non ! C’est trop ésotérique à mont goût. Et un petit chouïa
dangereux pour mes abattis. Disons, pour faire court, que Dieu vous a conféré ce
superpouvoir, usez-en, de grâce. De toutes les façons, toutes les maigrelettes
voix qui se sont élevées pour vous signifier que ce n’était pas ainsi que les
affaires de l’Etat se géraient se sont épuisées, et tues. Ne restent que nous.
Et nous, Monsieur, notre avenir est coincé entre un rêve d’effacement et ce thé
que nous fumons pour rester éveillés au cauchemar qui continue.
H. L.
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