samedi 21 mars 2009
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Cri de détresse d’un retraité !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

De retour d’une rencontre-dédicace à Béjaïa, je trouve cette lettre dans ma boîte mail. A lire, au moment où les caravanes du Roi, piteusement suivies par celles des lièvres, sillonnent le pays, dans une folle sarabande de drague impudique et d’appels incessants à la participation massive le 9 avril, date du grand vaudeville :

« Très cher Monsieur Hakim,
C’est avec un vif intérêt que je me réjouis de me ressourcer à travers vos chroniques, et j'applaudis très fort le contenu qu'elles véhiculent. Je n'en rate pas une tant il est vrai ... que tout ce que vous écrivez est une réalité. Aujourd'hui, j'ai décidé de vous écrire, au nom de tous les retraités de ce pays, d'où l'on nous a exclus. Les retraités, dans leur immense majorité, vivent dans des conditions déplorables, obsolètes, inhumaines. Et à aucun moment, ni l'APN, ni le Sénat, ni les hautes instances du pays n'ont initié une toute petite pensée à leur adresse. Même l'augmentation annuelle de mai à mai, au titre de chaque année, est souvent remise aux calendes grecques. Le taux d'augmentation de ces retraites est dérisoire, 4 % ... Vivre en dessous du seuil de pauvreté, lorsque les prix de tous les produits sans exception prennent l'ascenseur ultra-diligent, l'on nous prend pour des moutons de Panurge, tentant de nous expliquer au passage que nous aurions le meilleur système au monde. Qu’à cela ne tienne, tout un chacun est conscient du fait que les prix de tous les produits sont indexés sur la devise européenne. Alors que les retraites et autres salaires de nos vaillants travailleurs sont indexés sur la monnaie du pays de Borjeaud, cet ancien colon de Staoueli. Un exemple, sans prétendre rien vous apprendre : un ouvrier en France touche en moyenne 1200 euros par mois, soit l'équivalent de 120 000 dinars. Le coût de vie est nettement inférieur au nôtre. C’est le cas de la pomme de terre, dont les prix nous narguent ... 70 à 75 dinars le kilo. La nourriture du pauvre est agressée, alors que sous d'autres cieux, celle-ci est nettement moins chère. C'est pour cela que je n'irai pas voter. Les mensonges fusent de partout et s'érigent en vérité. La confiance a déserté. Nous ne croyons plus personne. Le chômage est incontestablement plus important que les chiffres erronés que l'on nous annonce. Oui, ils parlent pour l'étranger, et occultent la vérité crue et dure que nous vivons. Nous sommes classés à la 170e place en termes de tourisme. Nos industries sont démantibulées. La corruption est partout. Que cela cesse ! Nous en avons assez ! Au nom de tous les retraités, des travailleurs et des citoyennes et citoyens de ce pays, croyez-nous, LE SOLEIL N'A JAMAIS BRILLE POUR TOUT LE MONDE.
Et je passe outre, toutes les augmentations faramineuses distribuées à des mal-élus qui nous narguent avec leur train de vie scandaleux et insultant.
Fidèlement vôtre, un retraité fumeur de thé

IFOUKE LAMENE...»

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