lundi 23 mars 2009
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Actualités : ARCELOR MITTAL
Qui est derrière l’affaire GSW ?


Loin de se décanter, le dossier Grand Smithy Works (GSW), société indienne de statut algérien de récupération de déchets ferreux, a pris de l’ampleur dans le milieu national socioéconomique et politique.
Notamment au sein des opérateurs économiques concernés par la commercialisation et la transformation de produits sidérurgiques, ainsi que ceux spécialisés dans la récupération. Même si les deux principaux gestionnaires indiens de GSW, ainsi que certains de leurs complices algériens ont été placés sous mandat de dépôt pour divers griefs, tous attendent d’autres révélations. Les questions portent sur les dispositions prises par la direction générale d’Arcelor Mittal Annaba pour contrecarrer les effets néfastes générés par l’incarcération des deux responsables indiens sur les 80 travailleurs dont 10 Indiens de GSW. Sur la position d’Arcelor Mittal Annaba en citadelle assiégée par les affaires louches qui, depuis quelque temps, défraient la chronique. Il est également question de grandes manœuvres lancées pour exercer une pression sur l’employeur, dans la perspective des prochaines négociations sur des revendications salariales, prévues pour juillet 2009, entre la direction générale et le syndicat des travailleurs. Qui est derrière l’affaire GSW? A cette question, M. Bernard Bousquet, directeur général d’Arcelor Mittal Annaba, répond par une moue. Elle en dit long sur l’idée générale qui se dégage, dans le sens qu’il y a anguille sous roche. «Ce qui s’est passé à la GSW va dans le courant normal de pareilles activités. D’une simple affaire de fausse comptabilité de camions, chargés de déchets issus du crassier, qui est la propriété de notre société, on cherche à dramatiser. Un audit comme nous en faisons habituellement, nous a permis de constater que nous sommes victimes d’un préjudice financier dont je ne peux révéler le montant. Pour le moment, le problème ne se pose pas pour les 80 employés», a-t-il tenu à nous indiquer lors d’un bref entretien qu’il nous a accordé jeudi dernier. En fait, cette affaire des deux Indiens auteurs d’actes répréhensibles, sème le doute dans les rangs des différents partenaires d’Arcelor Mittal Annaba, notamment le principal, Sider le groupe d’entreprises publiques algériennes. D’autant que l’un des deux responsables indiens mis en cause n’est autre que le beaufrère de M. Laksmi Mittal, le grand patron du groupe mondial de l’acier Arcelor Mittal. «Dans cette affaire, nous nous sommes constitués partie civile, au nom des deux partenaires, Arcelor Mittal et le groupe Sider», a ajouté M. Bousquet comme pour rassurer son homologue de Sider, qui a envisagé de se constituer lui-même partie civile au cas où… Qui est à l’origine de l’ébruitement de l’affaire au point d’en faire un dossier d’Etat ? La réponse du directeur général de Arcelor Mittal ne prête à aucune ambiguïté. «Comme je l’ai déjà dit, il s’agit d’un audit effectué par nos services à GSW, bien avant que le problème ne soit ébruité. Un contrat nous lie avec cette société, que nous avons chargée de récupérer les déchets issus de notre process de fabrication, pour les besoins de nos installations. La justice est intervenue par la suite avec le résultat que l’on sait. Nous nous sommes constitués partie civile. » Pourquoi cette récupération de déchets ferreux a-t-elle nécessité l’intervention d’une société de cadres indiens ? Les Algériens seraient-ils inaptes à ce point ? Un problème que ne semblent pas avoir pris en considération ceux qui se sont positionnés en donneurs de leçon de nationalisme. Leurs gesticulations n’ont pas eu l’effet escompté sur la rentabilité des travailleurs. En effet, depuis la remise en état des installations et équipements des différentes unités du complexe, la courbe de la production a repris une tendance ascendante. C’est pourquoi la mobilisation des cadres et travailleurs est générale au complexe sidérurgique d’El-Hadjar. Les rumeurs et les amalgames sont dénoncés. On reconnaît, cependant, que les investissements d’Arcelor Mittal au complexe sont très en deçà des engagements pris, lors de la signature en 2001 du contrat de cession des 70 % des actions du complexe. Rappelons que ce contrat accorde au partenaire indien le droit de disposer de ce complexe pour une durée de 99 ans. Le même document comporte d’importants avantages (exonération de taxes, baisses sur le prix de l’énergie… pour une durée de 10 années à partir de 2001), au profit d’Arcelor Mittal Annaba. Du côté syndical, bien qu’en retrait des activités syndicales, Aïssa Menadi, le secrétaire général en titre et son proche collaborateur Abdelhamid Houamri tentent de calmer le jeu et de réveiller l’esprit de corps chez les travailleurs. Les clivages sont pour le moment mis sous l’éteignoir en attendant l’élection d’un nouveau bureau syndical de l’entreprise Arcelor Mittal, prévue pour fin avril 2009. Ils sont confortés dans leur position par l’amélioration du taux de production. Cette dernière est à même de faciliter la satisfaction de la principale revendication des travailleurs, à savoir une augmentation des salaires. «Ce n’est pas à écarter, pour peu que la production atteigne les objectifs assignés. Pour le moment, elle est excellente. Ce qui nous permet déjà de planifier une commercialisation de nos produits sur le marché national. En produits plats notamment, qui seront mis en vente dans les prochains jours», a estimé Bernard Bousquet qui, lors de notre entretien, paraissait avoir soigneusement préparé ses propos pour s’exprimer sans autre commentaire. Particulièrement en ce qui concerne le dossier de GSW, toujours sous enquête judiciaire, qui risque d’éclabousser pas mal de responsables algériens.
A. Djabali

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