Culture : FARIBA HACHTROUDI, ÉCRIVAINE IRANIENNE
Une histoire de droits !


Quartiers libres. Ce mois de mars a été riche en rebondissements. A la carte : la féminité dans toutes ses luttes. Contre toutes les formes de violence, contre le harcèlement dans toutes ses expressions et pour la liberté simplement… des femmes connues et moins connues se sont donné le mot pour célébrer la Journée mondiale de la femme.
Un arrêt dans le cœur de ces femmes nous a mené à la librairie Djazaïr News. Une invitée qui a déchaîné beaucoup de passions est l’hôte de toutes ces Algériennes et Algériens en proie à la célébration des droits universels des femmes. Une Iranienne qui partage tous les malheurs de ces femmes libres en exil mais aussi celles qui restent et résistent. Fariba Hachtroudi est journaliste et écrivaine. Elle vit à Paris depuis 1978. Son intervention à Alger autour des droits de la femme se voudrait pour elle une autre vision de l'Algérie que celle qu'elle a croisée en 1991. Envoyée spéciale de l'agence Sipa Press à Alger, elle a dû, au bout de 5 jours, renoncer à cette aventure. «Il y avait comme une chape de plomb à Alger à cette époque, la police nous a embêtés, les militaires nous ont embêtés, j'ai dû rentrer à Paris bredouille», a confié Fariba Hachtroudi. Elle a eu envie de voir ces jeunes filles algériennes et surtout connaître leurs intérêts. «Je prêchais vraiment dans le désert. J’allais dans les mosquées et je leur disais : vous ne savez ce qui s'est passé en Iran», a raconté l'écrivaine iranienne. De la propagande, c'est la seule réponse que Fariba Hachtroudi se fit entendre. Pour elle, des deux côtés de la barrière, un dialogue de sourds s'était engagé. Pour elle, la population algérienne était prise en tenaille entre le pouvoir et les islamistes. A ce sujet, elle révélera aux présents qu’elle n'a jamais eu envie de retranscrire ce voyage, bien au contraire, elle en garde un très mauvais souvenir qu'elle voudrait oublier, effacer de sa mémoire. Elle nous révélera aussi son ressentiment sur le code de la famille algérien. Une aberration qui confine une fois de plus la femme dans une situation de précarité. Fariba Hachtroudi s’est finalement recentrée tout au long de cette journée vers son apologie de la révolution iranienne. De sa lutte et de son cursus de politique et ensuite d’écrivaine retranchée sur les rives de la Seine mais toujours le cœur baigné dans l’ombre d’un Orient qui tente de s’affranchir des clichés de la terreur. Fariba Hachtroudi a livré son cœur d’Iranienne au nom de ces Iraniens qui, aujourd’hui, désirent plus que jamais s’ouvrir au monde malgré la menace des extrémistes religieux. Ces menaces, ces dangers, l’écrivaine en a déjà fait les frais. Mais cela ne l’a jamais empêchée de retourner en Iran. Son pays, sa passion… sa muse qu’elle caresse du revers de sa plume. Dans chacun de ses ouvrages, Fariba Hachtroudi s’est racontée et raconte son rêve de liberté !
S. H. A.

Nombre de lectures :

Format imprimable  Format imprimable

  Options

Format imprimable  Format imprimable