Culture : FESTIVAL CULTUREL PANAFRICAIN D’ALGER
Le sponsor d’un mythe !


A trois mois du Festival culturel panafricain d’Alger, le programme étayé de cette aventure est toujours dans le flou. Et le ministère de la Culture est toujours en mode négociations.
Rien d’officiel n’a été retranscrit au public. Que de grandes lignes, et dans le vague de petites rencontres de sensibilisation avec la presse, on nous donne quelques noms rehaussés d’une présentation censée faire frémir les plus sceptiques. On nous signale aussi des spectacles grandioses, du cinéma, des livres et des expos à volonté mais pour les détails, il faudra repasser ou attendre probablement l’inauguration officielle du Festival culturel panafricain. Alors histoire de se préparer à toutes ces bonnes surprises qui attendent les Algériens, voici un petit retour sur les préparatifs qui ont déjà débuté.
Hors taxes et sans les sponsors !
Petit zoom sur la renaissance d’un mythe. 5 140 000 000 DA est le montant hors taxes alloué au ministère de la Culture pour la concrétisation de l’événement tant attendu de cet été : le Festival culturel panafricain. 40 ans après, Alger se fera donc du 5 au 20 juillet prochain une façade ouverte sur la culture de tout un continent. Un devoir historique qui prend ses racines durant l’année 1969. Année où le défunt président Houari Boumediene a lancé le fameux barrage vert, une immense ceinture de 1200 km de long sur 20 km de large devant protéger la partie nord de l’Algérie de l’inexorable avancée du désert. Ce projet qui avait mobilisé près de 20 000 recrues du service national n’a jamais été achevé. Mais pour la culture et l’universalité des richesses d’une terre sacrifiée, ce rendez-vous qui réunira près de 44 pays a été placé sous le slogan «La renaissance africaine». Un slogan qui redorera, à coup sûr, le blason d’un continent écorné entre autres par la misère, le sida et le trafic des clandestins africains. Et pour le coup, le ministère de la Culture sortira dans sa lancée une anthologie des festivités de l’année 1969. Tout de même, un budget aussi faramineux aurait pu inclure la construction de véritables salles de cinéma, de spectacles, de théâtre… Et de tous ce qui peut faire penser que la culture en Algérie ne se limite pas à organiser des événements éphémères à coups de centaines de millions de dollars.
Un village aux couleurs de l’Afrique
Alger réitère ainsi l’expérience. Et pour ce faire, la deuxième édition de ce festival dont les premières réverbérations se rapprochent est à bras-le- corps pour achever la part la plus importante de ce projet. Il s’agit évidemment du village des artistes à Ouled Fayet. Ce site dont la superficie se présente sur près de 2,2 ha représente ainsi les 60% du budget. Réparti en 24 blocs, il sera constitué pour l’essentiel de logements, restaurant, cybercafé, infirmerie, commerces… Ce village dont les délais de livraison sont prévus pour le mois de juin devra accueillir 2 500 participants sur les 8 000 attendus au Panaf. D’autres structures de divertissement à l’image de parcs et de piscines viendront également parachever ce projet.
Kamel Ouali signe l’intro
A la case des célébrités de la Star Academy, le ministère de la Culture a pioché Kamel Ouali. Le danseur français d’origine kabyle aura la charge d’ouvrir le bal des peuples africains et dans le même temps les réjouissances de la fête de l’indépendance de l’Algérie au complexe olympique Mohamed-Boudiaf. Professeur à l’académie de danse de Paris ainsi qu'aux conservatoires de La Courneuve et de Saint-Denis, Kamel Ouali s’inspire beaucoup des clips et vidéos du chanteur Michael Jackson. De son parcours, on rappellera son travail de chorégraphie pour les comédies musicales Les Dix Commandements et Autant en emporte le vent. Ce n’est qu’en septembre 2005, que Kamel Ouali sort sa propre comédie musicale, Le Roi Soleil, produite par Dove Attia et Albert Cohen. Au cours de la même année, il a contribué à la création de Danse avec les Robots, une nouvelle attraction du Futuroscope inaugurée en avril 2006.
Un musée et un institut culturel panafricains
Rien n’a encore été révélé sur le lieu précis ou sera implanté le Grand musée d’Afrique. Juste un critère pour le design proposé par des experts à l’Algérie. Un espace dont les dimensions tracerait une cartographie du continent africain. Dans la lancée, ce grand musée se voudrait un lieu d’innovation et de créativité à l’image du majeur de la mondialisation. Il ne sera pas question de se fixer comme d’habitude sur des masques ou des statuettes africaines. Quant au projet d’institut culturel panafricain, on n’en sait pas plus sauf peut-être que ce projet est toujours à l’étude.
S.H.A

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