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Cambriolage d’une bijouterie par deux filles en hidjab, à Khemis-El-Khechna. Malgré le quadrillage de la ville par la police, les filles
avaient déjà levé les…
…voiles !
Le phénomène est observé tous les cinq ans par les plus grands scientifiques.
Ces lumières convergent toutes vers l’Algérie au même moment pour y constater la
même chose, à chaque fois. Pendant la campagne électorale pour la
présidentielle, les meetings sont désertés, vides de monde. Les candidats aux
grandes oreilles (je respecte la directive Teguia) sont souvent obligés de
parler devant des auditoires clairsemés. Parfois, ils sont contraints d’annuler
carrément leurs rassemblements, car ne rassemblant même pas un présent. Ce
phénomène, jusque-là pas très extraordinaire, dure le temps de la campagne.
C’est ensuite, le jour de l’élection que les instruments d’observation et de
mesure des scientifiques s’emballent. Sans que l’on sache vraiment pourquoi,
comment, aâlach, kiffech, komencasefé, la foule sort à gros bouillons, en flots
ininterrompus et investit avec furia les centres de vol… de vote. Une marée plus
ou moins humaine. Un truc de fous. J’ai eu l’occasion, lors de précédents
scrutins présidentiels, de discuter de tout cela avec deux ou trois
scientifiques, à leur hôtel. Encore sous le double choc, celui de cette
réapparition soudaine d’un peuple de votants invisible à la veille du scrutin,
et celui provoqué par la prestation toujours aussi flamboyante de Nounou la
Gaffe, plus connu sous le sobriquet de «Souk El-Djemaâ», ces scientifiques se
sont essayés devant moi à des théories qu’ils se sont tout de même empressés de
qualifier eux-mêmes de pistes de travail sans réel fondement logique et prouvé.
Ainsi, et avec toutes les précautions d’usage précitées, mes interlocuteurs se
sont hasardés à supposer que les millions d’électeurs du jeudi que l’on ne
voyait pas pendant la campagne étaient en fait enfermés chez eux, assignés à
résidence jusqu’au jour «J», afin de s’assurer de les avoir toujours à portée de
vote. Une autre théorie a été émise par les scientifiques, celle d’une
population jamais vraiment recensée, une sorte de magma composé d’humains à
l’origine, mais qui, au fur et à mesure des votes depuis 1962, des traficotages
et des fraudes, aurait subi des modifications génétiques ayant entraîné des
séquelles graves, provoquant une maladie incurable et non répertoriée par le
Vidal. Une maladie dont le principal symptôme est l’impossibilité pour les
personnes qui en sont atteintes de sortir à l’air libre en dehors d’un créneau
temps très précis : une seule fois tous les cinq ans, et un jeudi
obligatoirement. Jamais avant 8 heures. Jamais au-delà de 21 heures. En l’état
actuel de leurs recherches, les scientifiques n’ont pu me dire où résidaient ces
millions de mutants algériens. Où ils sont parqués. Mais là, j’ai ma propre
théorie. Un régime qui se targue d’avoir construit autant de trémies en si peu
de temps me semble tout à fait en mesure de cacher, de dissimuler à nos yeux 20
millions d’électeurs. Moi, depuis que cette éventualité me trotte dans la tête,
je marche en battant moins de la semelle sur le pavé. Par respect pour mes
frères mutants retenus en détention. Sous terre. Je fume du thé et je reste
éveillé, le cauchemar continue.
H. L
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