|
«Le bilan des meetings d’Abdekka en Kabylie est positif.
» Qui est l’auteur de cette déclaration ? Le responsable…
… du parc auto de la présidence.
En matière d’aveux, je pensais que le sommet avait été atteint lors de la
rencontre entre Abdekka et les walis, le 9 décembre dernier au palais des
Nations, dans la banlieue privée d’Alger. Ce jour-là, le raïs avait lâché comme
dans un râle : «Nous avons échoué !» Quand tu entends ça, tu te dis «khlass !»,
il ne peut pas faire plus, il ne peut pas pousser plus avant, il a atteint le
degré ultime de l’aveu. Erreur. Grave erreur ! Il pouvait faire mieux. Il vient
de le prouver à Tizi-Ouzou en révélant que jusqu’au jour d’aujourd’hui, il ne
savait pas ce qui avait provoqué les événements du Printemps noir et les
nombreux morts. Face à un tel aveu d’ignorance, il ne faut pas se contenter de
persifler et de gloser sur les déclarations déroutantes du président- candidat.
Toute appartenance partisane mise de côté, tout différend idéologique mis en
veille, Il FAUT L’AIDER ! Avec nos maigres moyens. Et donc, le meilleur moyen de
l’aider à savoir ce qui a provoqué la mort de près de 200 Algériens au printemps
2001, c’est de commencer par écarter les raisons qui ne peuvent pas être à
l’origine de ces morts-là. Ces femmes et hommes, ces enfants ne sont pas morts
de maladie. Encore moins d’une épidémie mystérieuse qui se serait abattue sur la
région. Ils ne sont pas morts après injection de vaccins périmés. Ils ne sont
pas non plus les victimes d’inondations ni d’un fort séisme. Ils n’ont pas été
arrachés à la vie par un tsunami qui aurait ravagé les côtes kabyles. Ils n’ont
pas été engloutis par un glissement de terrain dû à la prolifération des
constructions illicites. On ne peut pas les comptabiliser dans les totaux déjà
suffisamment effarants des accidents de la route. Ils ne sont pas les victimes
d’un massacre à large échelle perpétré par le GSPC. Ils n’ont pas succombé à une
intoxication alimentaire géante lors d’une méga-waâda. Malgré les chiffres de
plus en plus alarmants en la matière, ils ne sont pas le résultat d’un suicide
collectif. Ils ne sont pas le triste bilan d’une lutte fratricide entre le FFS
et le RCD. Ils ne sont pas la résultante de purges inter-aârouch. A ce niveau-là
de déblaiement, et en toute modestie, je pense que nous avons grandement aidé le
président-candidat dans sa quête de la vérité sur les martyrs du Printemps noir.
Maintenant, il sait ce qui ne les a pas tués. Il lui est donc plus facile de
savoir ce qui les a tués. Ou plus exactement qui les a tués. Je fume du thé et
je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
|