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Le dernier album de Khaled est intitulé «Liberté». J’en connais
qui appréciera moyennement un titre pareil.
Mami !
Alors ? Il a dit «amnistie générale» ou pas ? Parce qu’en lisant les
comptes-rendus de mes honorables consœurs et confrères qui ont couvert les
meetings d’Abdekka au sud du pays, je ne sais plus ! Un coup, il a dit «oui à
une amnistie générale, à condition que les terroristes déposent les armes». Un
autre coup, il aurait affirmé qu’une «amnistie générale pourrait conduire à une
guerre civile encore plus sanglante que tout ce que nous avons déjà vécu».
Realors ? Qui croire ? Peut-être, tout simplement, notre expérience d’Algériens
finalement habitués à ce mode de communication fort peu orthodoxe.
Personnellement, je préfère me fier à mon petit doigt qui sait, lui, qu’à partir
du moment où un mot est ainsi lancé en l’air, dans l’air vicié de l’Algérie, ce
n’est jamais innocent. Dernier exemple en date de ces mises en orbite lexicales,
celle de la réforme de la Constitution. Ça avait commencé de la même manière.
Une polyphonie sciemment entretenue dans les titres de la presse. Une sorte
d’alternance contrôlée entre «il va changer la Constitution» et «il n’osera pas
toucher au texte fondamental ». Pour aboutir enfin au 12 novembre noir. Même
recette aujourd’hui, mêmes ingrédients, et même chef cuistot aidé des mêmes
marmitons. Amnistie ? Pas amnistie ? Je prends le pari, bien avant que le plat
ne soit servi. Amnistie il y aura ! Les mêmes députés qui ont voté oui des deux
mains et des deux jambes au viol de la Constitution et au mandat à vie seront
remis au turbin, reviendront lever ce qu’il leur reste à lever pour dire là
aussi oui. A l’amnistie générale. En fait, il n’y a que les aveugles ou ceux qui
portent des lunettes noires pour mieux détourner le regard qui refusent encore
d’admettre que nous nous dirigeons droit vers l’amnistie totale, entière, pleine
des tangos. De tous les tangos. De celui qui faisait la cuisine, le guet ou le
bonheur bestial de son émir, aux commandos qui plastiquaient, brûlaient,
éventraient, égorgeaient, trucidaient ou tuaient par balles civils, militaires
et policiers. Tous vont être absous ! Faut juste relire les déclarations du
candidat Abdekka. Pas celles d’aujourd’hui. Non ! Celles de 1999. Tout est
dedans. Aujourd’hui, il ne fait que tenir ses promesses. Je fume du thé et je
reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
www.tacervellesarrete@blogspot.com
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