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Présidentielle 2009. Au 12e jour de la campagne, Mohamed
Teguia déclare «tout se déroule comme prévu».
Je n’en doute pas un instant !
Si vous ne l’avez pas fait, je vous conseille vivement de le faire. Lire
attentivement le reportage de notre chef de bureau en France narrant le
rassemblement animé à Paris par Sellal pour le compte du candidat indépendant de
notre volonté, Abdekka. Moi, je l’ai lu et relu. Plus particulièrement cet
extrait désopilant où l’on apprend que des «applaudisseurs» ont été ramenés par…
bus des différents coins de France afin qu’ils remplissent la salle du meeting.
Mince ! Mais alors, même là-bas, les nôtres, «diaoulna», nos dirigeants des
bords de Seine pratiquent eux aussi le même sport que leurs collègues d’ici, le
ramassage par bus pleins des électeurs ? Cipapossible ! Tu t’imagines mon frère
? Des bus (sûrement affrétés par Ould Abbès) qui ont sillonné l’Ile-de-France et
plus loin encore pour hameçonner de l’électeur ! Je suppose qu’ils ont dû se
dire «ça marche en Algérie, pourquoi pas en France, hein !» Ceci étant, y a tout
de même des différences entre le ramassage d’électeurs ici, et celui qui se
pratique là-bas. D’abord, la qualité du transport. Ce ne sont pas les mêmes bus,
ça, on ne me l’enlèvera pas de la tête. Là-bas, les veinards, ils se font
hameçonner par des autobus hyperpropres, climatisés et sûrement équipés des
derniers gadgets vidéo et son. Conformément aux règlements de la circulation
dans l’Hexagone, ces autobus ramasseurs doivent être équipés de toilettes
high-tech. Forcément ! Si t’habites les Bouches-du-Rhône, t’es pas condamné à
attendre d’arriver sur Paris pour te soulager ni même la pause-pipi sur les
aires d’autoroute. Alors qu’ici, on a vu des vieillards embarqués à Adrar et
obligés de supplier pour une halte dans les bosquets de Boumerdès afin de
libérer une prostate torturée. Même chose pour les sandwichs servis là-bas, dans
leurs autobus rutilants. C’est du propre, au sens… propre. Bouffe contrôlée,
hygiène irréprochable et cellophane Albal tout autour pour décourager la plus
tenace des mouches. De toutes les façons, y a même pas de mouches. Pas comme ici
où le casse-dalle est préparé la veille ou l’avant-veille, mis dans la soute à
bagages, entre le bidon d’huile de vidange, les courroies de rechange et les
claquettes du chauffeur, sans emballage et distribués mille kilomètres plus
loin, de préférence à proximité d’une polyclinique, au cas où ! Même pour la
prime à l’embarquement, ce n’est pas du tout kif-kif ! Ici, c’est prends
quelques dinars et applaudis. Là-bas, c’est de l’euro, kho ! Décidément, dans
tous les cas de figure, et par quelque bout que tu prennes la chose, tu en
arrives à la même conclusion : là-bas, c’est mieux qu’ici ! Je fume du thé et je
reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
www.tacervellesarrete.blogspot.com
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