mardi 31 mars 2009
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Y a bus et… bus !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

Présidentielle 2009. Au 12e jour de la campagne, Mohamed Teguia déclare «tout se déroule comme prévu». 

Je n’en doute pas un instant !

Si vous ne l’avez pas fait, je vous conseille vivement de le faire. Lire attentivement le reportage de notre chef de bureau en France narrant le rassemblement animé à Paris par Sellal pour le compte du candidat indépendant de notre volonté, Abdekka. Moi, je l’ai lu et relu. Plus particulièrement cet extrait désopilant où l’on apprend que des «applaudisseurs» ont été ramenés par… bus des différents coins de France afin qu’ils remplissent la salle du meeting. Mince ! Mais alors, même là-bas, les nôtres, «diaoulna», nos dirigeants des bords de Seine pratiquent eux aussi le même sport que leurs collègues d’ici, le ramassage par bus pleins des électeurs ? Cipapossible ! Tu t’imagines mon frère ? Des bus (sûrement affrétés par Ould Abbès) qui ont sillonné l’Ile-de-France et plus loin encore pour hameçonner de l’électeur ! Je suppose qu’ils ont dû se dire «ça marche en Algérie, pourquoi pas en France, hein !» Ceci étant, y a tout de même des différences entre le ramassage d’électeurs ici, et celui qui se pratique là-bas. D’abord, la qualité du transport. Ce ne sont pas les mêmes bus, ça, on ne me l’enlèvera pas de la tête. Là-bas, les veinards, ils se font hameçonner par des autobus hyperpropres, climatisés et sûrement équipés des derniers gadgets vidéo et son. Conformément aux règlements de la circulation dans l’Hexagone, ces autobus ramasseurs doivent être équipés de toilettes high-tech. Forcément ! Si t’habites les Bouches-du-Rhône, t’es pas condamné à attendre d’arriver sur Paris pour te soulager ni même la pause-pipi sur les aires d’autoroute. Alors qu’ici, on a vu des vieillards embarqués à Adrar et obligés de supplier pour une halte dans les bosquets de Boumerdès afin de libérer une prostate torturée. Même chose pour les sandwichs servis là-bas, dans leurs autobus rutilants. C’est du propre, au sens… propre. Bouffe contrôlée, hygiène irréprochable et cellophane Albal tout autour pour décourager la plus tenace des mouches. De toutes les façons, y a même pas de mouches. Pas comme ici où le casse-dalle est préparé la veille ou l’avant-veille, mis dans la soute à bagages, entre le bidon d’huile de vidange, les courroies de rechange et les claquettes du chauffeur, sans emballage et distribués mille kilomètres plus loin, de préférence à proximité d’une polyclinique, au cas où ! Même pour la prime à l’embarquement, ce n’est pas du tout kif-kif ! Ici, c’est prends quelques dinars et applaudis. Là-bas, c’est de l’euro, kho ! Décidément, dans tous les cas de figure, et par quelque bout que tu prennes la chose, tu en arrives à la même conclusion : là-bas, c’est mieux qu’ici ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

www.tacervellesarrete.blogspot.com

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