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Présidentielle 2009. Après avoir menacé de se retirer, 3 des
5 lièvres font marche arrière.
Et le 9 avril, ils vont garer au parking !
C’est tout de même génial ! Les mêmes qui nous avaient vendu la marchandise
du changement, de la rupture et de l’alternance au pouvoir, en 2004, reviennent
en 2009, sans honte, sans vergogne, le visage enduit d’urine pour nous vendre le
nouveau Abdekka. Le Abdekka éradicateur. «Bechouïa, khouya !» Si, par naïveté,
par espoir d’un réel changement, par amour total du pays, j’avais à l’époque
acheté ce package frelaté d’une présidentielle enfin ouverte, aujourd’hui, c’est
différent. Tu ne peux pas déployer ton parapluie de camelot, et venir me faire
l’article, comme si de rien n’était. Boutef’, l’éradicateur, c’est un film qui
n’a pas encore été tourné. Y a même pas eu de casting. Boutef’, candidat du
national-islamiste, si ! Je connais le scénario. J’ai eu dix ans pour me
familiariser avec les décors. Et j’en connais la plupart des acteurs. Tout comme
les producteurs. Des gens très discrets, au demeurant. Et puis, Coco, entre 2004
et 2009, fais montre d’au moins un peu de respect par rapport à mes cheveux qui
sont devenus un peu plus gris et mon arthrose un peu plus douloureuse. J’ai
grandi, ya Si Mohamed ! T’auras beau envelopper Abdekka d’un papier-cadeau vert
kaki et lui faire dire que «l’Algérie est restée debout grâce à l’ANP», ce n’est
pas pour autant que tu vas me le facturer éradicateur. Remarque, je te comprends
un peu Coco. La trouille du boycott augmente au fur et à mesure que nous
approchons du jour des élections. Et je sens bien que t’es prêt à tout pour
fourguer ta salade. Encore quelques heures, et Abdekka deviendra, sous ton
grimage, le premier des chefs patriotes, le numéro un de la chasse aux émirs,
l’ennemi juré des chouyoukh du FIS, l’ami de la presse libre, le défenseur des
syndicats autonomes, le pourfendeur des régimes rentiers du Golfe et le leader
incontesté de la ligue de protection des outardes du Sud. J’exagère ? Si peu !
Rappelle-toi. T’as même tenté de me vendre la semaine dernière un Boutef’ au
bord des larmes et se recueillant sur les tombes des victimes du Printemps noir.
T’as déjà oublié ? Moi, pas ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar
continue.
H. L.
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