Actualités : SUR FOND DE CRISE ÉCONOMIQUE, LE PAIEMENT DES RETRAITES
Un thème polémique en Espagne


L’Espagne est, avec l’Italie, le deuxième pays européen avec les plus bas taux de natalité en Europe et, par conséquent, avec une forte présence démographique des personnes du troisième âge, dont le volume des pensions de retraites pèse lourdement sur les dépenses de la Sécurité sociale.
De notre bureau de Madrid, Al-Mansour
Atteinte par la crise économique de plein fouet, l’Espagne montre une baisse continue du nombre d’affiliés à la Sécurité sociale, liée à l’augmentation alarmante du taux de chômage dans le pays. Ce sont donc les deniers de l’Etat qui devront combler le manque à gagner résultant de cette situation dans les caisses de la Sécurité sociale. Or, selon les dernières déclarations du gouverneur de la Banque d’Espagne, Fernández Ordóñez, l’excédent de la Sécurité sociale pourrait disparaître très vite dans le contexte actuel de crise économique et la possibilité d’augmenter les dépenses publiques n’existe plus. Il propose donc une réforme du système des pensions de retraite, en donnant l’exemple de pays qui ont rallongé le nombre d’années de cotisation pour obtenir la pension ou qui ont repoussé l’âge de la retraite. Ce sombre tableau dressé par le plus grand financier du pays a provoqué la réaction du gouvernement espagnol, qui, par la voix de sa première vice-présidente, María Teresa Fernández de la Vega, a voulu lancer un message apaisant en affirmant que le fonds de la Sécurité sociale dispose d’un excédent suffisant et que le paiement des pensions est garanti. Dans l’intention de dépasser la polémique, la vice-présidente a souligné aussi que les différences d’appréciation entre l’administration générale de l’Etat et la Banque d’Espagne étaient dues à la «normalité démocratique», tout en défendant, par ailleurs, l’autonomie du gouverneur de cette institution. Au-delà de son aspect financier, la question des pensions investit le champ politique au vu de l’enjeu électoral que représente la frange de l’électorat constituée par plus de huit millions de bénéficiaires des pensions. Ainsi, voit-on le Parti populaire, principal parti d’opposition, s’aligner sur les positions du gouverneur de la Banque d’Espagne et appuyer sa proposition de réviser le système des pensions. En réponse au doute introduit par le gouverneur de la Banque d’Espagne sur les capacités actuelles de l’Etat à répondre aux besoins de protection sociale, le président Zapatero réitère, pour sa part, que son gouvernement est socialiste, et par conséquent, «engagé surtout avec ceux qui se trouvent dans une situation très fragile». Quoi qu’il en soit, dans l’état actuel des choses, la réforme du système de pensions reste une perspective lointaine.
A.-M.

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