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L’avion d’Air Algérie avait du retard. Comme toujours. J’aurais dû
prendre Air Sardelia. C’est de ma faute. Depuis quelque temps, la
compagnie nationale de l’Algérie africaine a de sérieux problèmes de
pièces détachées. S’étant jusque-là adressée à un intermédiaire, elle se
voit aujourd’hui refuser, par Boeing, ces pièces de rechange si
précieuses. Pourquoi un entremetteur ? C’est long à expliquer. J’ai lu
dans «Les nouvelles de La Mitidja- Canton» qu’un certain Chou En Fleur,
grossiste en patates importées et infatigable corrupteur, avait proposé
à un agent du centre de maintenance de Cap Oumatifoutu, du nom de Ched
Mède, de lui livrer les systèmes hydrauliques, les ailerons et des
trains d’atterrissage achetés au marché d’El-Hamiz ! Si la commande
était satisfaisante, le commerçant faisait même des cadeaux : des ULM
scotchés au sol pour des peureux et des pétards Ben Laden pour les
gosses ! Evidemment, les deux lascars se sucraient au passage puisque
les factures étaient établies sur la base des vrais tarifs. En fait, les
pièces ne venaient pas de Seattle mais d’une usine désaffectée des
environs de Bourouba où une «katiba» de terroristes repentis et
reconvertis en ouvriers, usinait ces composants sur de vieilles machines
de l’ancien complexe SNVI. Alors, pour faire face à un programme
infernal depuis l’ouverture de nouvelles lignes entre les villes
algériennes et le plus éloigné des hameaux chinois, on surexploitait le
petit nombre d’avions ayant échappé aux mains de Ched Mède et de son
ami. Les retards s’accumulant, on pouvait attendre des heures et des
heures avant d’embarquer. Heureusement que l’aérogare de Sidi Cagliari
était pourvue d’air conditionné et de toutes les commodités. Je choisis
la salle du restaurant «La Casbah» pour me reposer quelques instants et
lire un hebdo local spécialisé dans les faits divers.
Suite...
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