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50 Tunisiens fuient leur pays et se réfugient en Algérie.
Face à ce drame, et devant l’urgence, comment les aider ?
En les faisant…
… examiner par des psychiatres !
Allez savoir pourquoi ! Dès que ce mot est prononcé à proximité de mes
pavillons auditifs, j’ai une irruption cutanée. Je n’exagère pas. Ce que je vous
en dis, je l’ai vérifié scientifiquement. Par l’expérimentation. Ainsi, j’ai
fait lire à des amis des textes où ne figurait pas le mot en question, avec pour
consigne de procéder à cette lecture à quelques petits centimètres seulement de
mes oreilles. Et rien ! J’ai écouté, paisiblement, sans effet secondaire, sans
conséquence sur ma santé et sans dommage collatéral. Ensuite, j’ai demandé aux
mêmes amis de lire un autre texte dans lequel figurait le fameux mot. Et là,
patatras ! La vraie cata ! J’ai été pris de tics nerveux, de tremblements
incontrôlés, de poussée de fièvre accompagnée de l’apparition de gros boutons
purulents et de nausée insoutenable. C’est tout de même terrible ! Pourquoi
diable suis-je sujet à ces symptômes dès que le mot «ad hoc» est prononcé devant
moi ? Pourquoi ai-je ainsi revécu l’enfer dès que l’annonce en a été faite dans
le journal de l’ENTV, l’installation d’une «commission ad hoc pour faire face
aux risques de pandémie que provoquerait la grippe porcino-mexicano-H1N1» ? Quel
est ce sortilège qui me fait tomber malade à chaque fois que je croise à l’insu
de mon plein gré le mot «ad hoc» ? Pourtant, intrinsèquement, il n’y a rien dans
«ad hoc» qui expliquerait logiquement et raisonnablement les réactions en chaîne
qu’il provoque en moi. Bien au contraire, au plan phonétique, je trouve le mot
«ad hoc» plutôt sympa. Il me rappelle la bande dessinée, Hergé, le reporter
Tintin et son bouillant compagnon, le capitaine Haddock. Mais, dans les faits,
je suis bien obligé de l’avouer : je suis une victime du syndrome ad hoc. Mais
pas n’importe quelle victime. Surtout pas une victime résignée. J’ai donc
cherché d’où pouvait venir mon mal. Et j’ai trouvé ! J’ai chopé cette saloperie,
cette allergie sévère au mot «ad hoc» très jeune. Suite à une overdose. Déjà,
dans le ventre de ma maman, j’entendais distinctement les responsables du pays
annoncer à la télévision l’installation de commissions ad hoc pour tout et
n’importe quoi. Une fois hors du doux ventre maternel, j’ai encore entendu ce
mot «ad hoc» employé en mitraille par les mêmes dirigeants et par leurs
successeurs. Toujours à propos de tout et de n’importe quoi. Plus récemment
encore, à propos de l’assassinat d’un président, à propos de séismes, à propos
d’inondations, à propos de guerre entre tribus ennemies, à propos de
manifestants assassinés en masse, à propos de pomme de terre, à propos de ciment
ou à propos de violence dans les stades, le mot «ad hoc» a fini par faire voler
en éclats mes barrières immunitaires. Je suis cliniquement et définitivement
allergique au mot «ad hoc». Et pour l’heure, je n’ai trouvé qu’un seul remède
pour combattre ce mal : fumer du thé et rester éveillé à ce cauchemar qui
continue.
H. L.
www.tacervellesarrete.blogspot.com
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