dimanche 03 mai 2009
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Qu’avez-vous fait des gens heureux ?

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

Crise au MSP. Selon ses proches, Aboudjerra Soltani serait en train de jouer ses dernières cartes. Selon moi… 

… les cartes, la yadjouz !

Le siège d’une mairie fermée par la population à Bouira. Des agents de sécurité qui font le barouf sur le campus de Constantine et exigent la libération d’un des leurs. Des citoyens qui bloquent la route nationale numéro 77 à Jijel. Un étudiant poignardé par son camarade en plein cours, dans l’enceinte de l’université de Sétif, sous les yeux horrifiés des autres étudiants et de l’enseignant. Une bagarre entre filles dans une résidence universitaire à Annaba, rixe qui dégénère avec le recours aux armes blanches. Un ministre de la République qui, face à la reprise des échauffourées et des affrontements, menace de se retirer d’une médiation entre ibadites et malékites à Berriane. Non ! Ce n’est pas le bilan d’une année de malaise chez nous. Ni d’un mois. Ni même d’une semaine. C’est le déroulement devenu hélas banal du film violent d’une journée en Algérie. Deux constats s’imposent. Comme ça ! De but en blanc : où est cette Algérie euphorique, flashée sur l’autoroute du bonheur à 90,23% ? Dans cette rue qui bouillonne, qui brûle, qui déborde et s’entretue, où sont ces «témoins» pris la main dans l’urne en, train de crier à la paix revenue, à la félicité et au futur radieux ? Près d’un mois après la présidentielle, où sont donc passés les «alhamdoulillahistes» qui ne juraient que par le chapelet égrené des grandes réalisations du raïs ? Deuxième constat : jamais peut-être le pays n’aura autant vu ses filles et ses fils s’entredéchirer, s’entretuer et s’exclure que depuis qu’un homme, Abdekka, est venu affirmer dix ans durant, et cinq autres années à venir, qu’il était là pour réconcilier les Algériens entre eux. C’est tout de même terrible ! La carte de la fitna algérienne n’a jamais été aussi explosive que depuis que Boutef y parle paix à longueur de mandats. Faut quand même s’interroger sur ce paradoxe. Et pas seulement sur ce paradoxe-là. Il faudra aussi qu’on m’explique ce qui a été fait des 74% de la population qui avait été localisée le 9 avril dernier en train d’accomplir son «devoir» électoral. Je n’en trouve pas trace aujourd’hui. Je suis presque en manque de citoyens heureux, d’images de femmes et d’hommes rayonnant de bonheur et irradiant la prospérité. Qu’en avez-vous fait, mon Dieu ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

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