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Crise au MSP. Selon ses proches, Aboudjerra Soltani
serait en train de jouer ses dernières cartes. Selon moi…
… les cartes, la yadjouz !
Le siège d’une mairie fermée par la population à Bouira. Des agents de
sécurité qui font le barouf sur le campus de Constantine et exigent la
libération d’un des leurs. Des citoyens qui bloquent la route nationale numéro
77 à Jijel. Un étudiant poignardé par son camarade en plein cours, dans
l’enceinte de l’université de Sétif, sous les yeux horrifiés des autres
étudiants et de l’enseignant. Une bagarre entre filles dans une résidence
universitaire à Annaba, rixe qui dégénère avec le recours aux armes blanches. Un
ministre de la République qui, face à la reprise des échauffourées et des
affrontements, menace de se retirer d’une médiation entre ibadites et malékites
à Berriane. Non ! Ce n’est pas le bilan d’une année de malaise chez nous. Ni
d’un mois. Ni même d’une semaine. C’est le déroulement devenu hélas banal du
film violent d’une journée en Algérie. Deux constats s’imposent. Comme ça ! De
but en blanc : où est cette Algérie euphorique, flashée sur l’autoroute du
bonheur à 90,23% ? Dans cette rue qui bouillonne, qui brûle, qui déborde et
s’entretue, où sont ces «témoins» pris la main dans l’urne en, train de crier à
la paix revenue, à la félicité et au futur radieux ? Près d’un mois après la
présidentielle, où sont donc passés les «alhamdoulillahistes» qui ne juraient
que par le chapelet égrené des grandes réalisations du raïs ? Deuxième constat :
jamais peut-être le pays n’aura autant vu ses filles et ses fils
s’entredéchirer, s’entretuer et s’exclure que depuis qu’un homme, Abdekka, est
venu affirmer dix ans durant, et cinq autres années à venir, qu’il était là pour
réconcilier les Algériens entre eux. C’est tout de même terrible ! La carte de
la fitna algérienne n’a jamais été aussi explosive que depuis que Boutef y parle
paix à longueur de mandats. Faut quand même s’interroger sur ce paradoxe. Et pas
seulement sur ce paradoxe-là. Il faudra aussi qu’on m’explique ce qui a été fait
des 74% de la population qui avait été localisée le 9 avril dernier en train
d’accomplir son «devoir» électoral. Je n’en trouve pas trace aujourd’hui. Je
suis presque en manque de citoyens heureux, d’images de femmes et d’hommes
rayonnant de bonheur et irradiant la prospérité. Qu’en avez-vous fait, mon Dieu
! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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