Culture : TIZI-OUZOU
Journées maghrébines du théâtre d’expression amazighe


Les Journées maghrébines du théâtre d’expression amazighe ont été ouvertes, dans la matinée de jeudi 7 mai, à la maison de la culture de Tizi Ouzou en présence des autorités de la wilaya, des délégations marocaine, tunisienne et libyenne, et de nombreux comédiens et hommes de théâtre algériens.
Ouvertes en grande pompe avec comme toujours une heure de retard sur l’horaire prévu, les Algériens étant, dans le cadre de la culture instaurée par le parti unique, définitivement fâchés avec la ponctualité et l’exactitude, ces journées qui permettent aux hommes de culture des pays maghrébins, transcendant les divergences d’intérêts des classes gouvernantes, de se retrouver autour des identités et des idées communes rassembleuses, sont en quelque sorte l’aboutissement d’une étape de tâtonnement et d’approches séparées faites par les uns et les autres des pays respectifs visant la récupération et la revalorisation de la culture et de la civilisation amazighes. Nous abordons en effet, dans ce domaine, l’étape de la rupture avec le cloisonnement et le début des efforts convergents tendant vers l’affirmation commune du fait amazigh, au grand jour, dans l’ensemble des pays de Tamazgha, vers, aussi, la renaissance de la langue et de la culture amazighes. Dans cet esprit, il y a encore des obstacles à vaincre, des disparités à surmonter, des malentendus et des équivoques politico-idéologiques à éliminer, et des travaux scientifiques à parachever, pour permettre à tamazight de devenir une langue de travail, de communication et d’échange capable de rivaliser avec les langues modernes. Les efforts qui s’effectuent en Algérie, au Maroc ou dans d’autres pays, notamment au sein de l’Inalco, donnent déjà leurs fruits au vu des productions des chercheurs et universitaires et des discours qui s’échangent sur le terrain des activités politiques et culturelles, et dans la vie quotidienne des gens plus ou moins acquis à la cause amazighe. La très brillante intervention de celui qui semble être le chef de la délégation marocaine à l’ouverture de ces journées et celle du directeur de la culture et de la Maison de la culture, qui prend de l’aisance ces derniers temps à force, sans doute, de côtoyer les gens du pouvoir, permettent d’envisager de bonnes perspectives pour la langue et la culture amazighes. Il convient, toutefois, de garder ses distances avec l’autosatisfaction du directeur de la culture et de la maison de la culture tendant à passer sous silence les durs sacrifices consentis par des générations de militants pour arracher tous les acquis qu’il évoque à chaque occasion pour sa gloire et celle de sa tutelle. L’espoir demeure lié à la poursuite de la lutte pacifique et aux efforts de production et de recherche, il peut, au besoin, être confirmé et appuyé, par les pièces de théâtre et les conférences programmées pour ces trois journées maghrébines du théâtre d’expression amazighe.
B. T.

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