Baisse de tension au niveau des marchés des fruits et légumes. La «chute» des prix des légumes, affichée en cette fin de semaine, a redonné du souffle aux ménages.
Abder Bettache - Alger (Le Soir) - La pomme de terre, considérée ces
derniers temps comme la reine des légumes, occupe toujours la tête du
peloton à la hausse comme à la baisse. Ainsi, après avoir franchi le
seuil des 80 DA le kg, le tubercule chute à moins de 30 DA. Dans
certains marchés de la capitale, il a été vendu à 28 DA. La tendance à
la «réduction» ne s’est pas limitée à la seule pomme de terre. Les prix
de l’oignon, du poivron, du piment, de la salade et de la tomate pour ne
citer que ceux-là connaissant la même baisse. Dans le sillage de cet
«effondrement» des prix, celui de la sardine a sensiblement chuté. En
effet, après avoir fixé la barre haut durant plusieurs mois, soit à 300
DA le kg, la sardine de Zemmouri, poisson bleu le plus prisé des
Algérois, est descendue ce week-end à 200 DA le kg. La cause ? Chacun y
va de ses explications et commentaires. Le printemps qui s’est
définitivement installé en constitue la principale raison. «Ce n’est pas
la seule cause», diront certains commerçants. Pour ces derniers, la
chute du prix de la pomme de terre est la conséquence de la quantité
importante de ce produit récolté en avril dernier. «La production de la
pomme de terre de saison, dont la récolte a débuté la mi-avril dernier,
est supérieure à celle enregistrée l’an passé. Cette quantité va
automatiquement se répercuter sur les prix de ce produit sur les marchés
», explique-t-on. Selon le ministère de l’Agriculture et du
Développement rural, les prix de la pomme de terre vont chuter davantage
jusqu’à atteindre 30 DA, voire 25 DA sur le marché de détail. Il y a
moins d’un mois, rappelons-le, le prix de ce légume a atteint des
hauteurs vertigineuses, frôlant les 100 DA le kg dans certaines régions.
Pourtant, le problème ne résidait pas dans la quantité. Le département
de Rachid Benaïssa comme son prédécesseur Barkat a toujours dénoncé la
responsabilité des spéculateurs. Selon les prévisions du ministère,
cette production de saison (mi-avril à août) sera supérieure à la
moyenne habituelle. «Cet accroissement dans la quantité revient aux
superficies plantées pour cette période qui sont également en hausse par
rapport à l’année dernière. Elles dépasseront les 50 000 ha, alors que
les plantations ne sont pas encore achevées dans certaines régions du
pays», ajoute-t-on. Ceci dit, afin de préserver les intérêts des
agriculteurs en cas de chute importante des prix et éviter de fortes
fluctuations des prix de ce tubercule sur le marché, les pouvoirs
publics ont élaboré, l’année dernière, un système de régulation des
produits agricoles de large consommation (Syrpalac). Cette opération a
été lancée en juillet 2008, au moment d’une forte chute des prix de la
pomme de terre, qui commençait sérieusement à menacer les revenus des
agriculteurs, le Syrpalac avait permis de stocker jusqu’à mi-août une
quantité de 121 000 tonnes. La chute du prix de la pomme de terre a
provoqué celle des autres légumes. «On a comme l’impression que les prix
des autres légumes sont indexés sur le prix du tubercule »,
indique-t-on. «La tendance sera maintenue en l’état. Le beau temps et
l’abondance de l’eau sont autant de facteurs qui maintiendront durant
plusieurs mois la tendance à la baisse des prix des légumes. Même les
prix des fruits en subiront les conséquences. L’année agricole 2009 sera
similaire à celle enregistrée en 1998», affirme-t-on.
A. B.
Tendance des prix de gros et de détail de la pomme de terre
au niveau de la wilaya d’Alger, mois d’avril et mai (au 6 du mois) 2009

Observations :
* Le prix de gros de la pomme de terre a connu une baisse de 16 DA/kg
par rapport au 4 avril dernier.
* De son côté, le prix de détail, lui aussi, a connu une baisse de 41
DA/kg par rapport au 4 avril dernier.
* La marge bénéficiaire a connu une baisse de 25 DA/kg par rapport au 4
avril dernier, elle représente ainsi 14 % du prix de détail.
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