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Grève des médecins hospitalo-universitaires. Elle serait
suivie à …
…90,23% !
Je ne vois pas comment l’appeler autrement ! C’est la Maison du Bonheur. La
Grande Maison du Bonheur. Je vais tenter de vous la décrire, même si je suis
d’ores et déjà convaincu que la pauvreté de mon style n’arrivera pas à rendre le
centième de la beauté et de la grandeur de cette Maison du Bonheur. Elle se
trouve en Algérie. Où exactement, je ne puis vous le dire. Non pas que je
dissimule cette information. Pas du tout. C’est juste que je ne sais vraiment
pas où elle se trouve. Je sais par contre ce qu’on y fait et ce qui s’y passe.
Cette providentielle Maison du Bonheur accueille depuis quelques années de
dangereux criminels, des sanguinaires comme l’histoire de l’humanité n’en a pas
connu depuis longtemps, des serial killers de la pire espèce, si tant est que
l’on puisse parler d’espèce en la matière. Dès leur arrivée, ils sont rasés de
près, douchés d’encore plus près, habillés de frais, nourris d’encore plus frais
et logés à l’œil. Enfin…à l’œil… disons plutôt sur le compte du contribuable
algérien. Une fois remis en forme et reposés de leurs chevauchées meurtrières et
sanglantes, on leur propose les services d’un appareil formidable,
extraordinaire et que les grandes maisons de remise en forme, les SPA les plus
prestigieux de la planète rêvent de posséder, mais n’ont pas : la gommeuse
magique. Cet appareil a le pouvoir d’effacer miraculeusement, sans effets
secondaires désagréables et en un tour de main, tout le passé criminel de ceux
qui passent dedans. Le résultat est frappant ! Les dangereux tueurs en série
n’ont pratiquement aucun effort à faire ni traitement spécial à suivre. C’est
tout juste si on leur demande de rédiger une petite bafouille dans laquelle ils
doivent gribouiller du bout des lèvres de leur stylo de vagues excuses. Et
encore ! Ils ne sont même pas obligés d’écrire eux-mêmes cette lettre. Les
gérants de la Maison du Bonheur mettent gracieusement à leur disposition des
rédacteurs et des secrétaires qui font le boulot à leur place. Et ils le font
bien, les scribouillards ! De l’aveu même des pensionnaires que nous avons pu
interroger. Madani, Hassan, Abderrezak et les autres sont pleinement satisfaits
des prestations offertes par la Maison du Bonheur. Manquerait plus qu’ils
rouspètent, les tangos ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar
continue.
H. L.
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